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Collaboration-coopération : qu’est-ce ?
Collaborer ne signifie pas seulement répartir des rôles ou faire travailler ensemble des gens d’horizons différents. Les méthodes utilisées dans les exemples qui vont suivre possèdent des caractéristiques que l’on rencontre rarement dans les conduites de projet traditionnelles :
Quelques exemples en milieu associatif et institutionnel
D’abord, une première série d’exemples qui ont été présentés lors de l’atelier « Pratiques collaboratives en services publics », en janvier 2008 lors des journées Internet d’Autrans [6].
L’objectif de cet atelier était de repérer des pratiques innovantes au sein de services publics, de comprendre ce qu’elles apportent à la collectivité, d’identifier leurs points communs et de voir comment soutenir les initiatives existantes et comment en développer de nouvelles. En réalité, ces initiatives permettent à différents types d’acteurs d’œuvrer ensemble : services publics, associations, individus isolés.
On peut également citer d’autres expériences :
Qu’a-t-on à y gagner ?
Ce que l’on a à gagner en collaborant – outre d’être en accord avec certains idéaux liés à la participation et à l’action collective – est de cultiver un environnement qui pousse chacun à donner le meilleur de lui-même, et, au final, d’atteindre des objectifs que l’on n’avait jamais imaginé atteindre au début du projet. Les méthodologies collaboratives permettent par ailleurs de brasser une grande diversité de participants, provoquant des chocs de culture et des rencontres qui peuvent enrichir le projet et ses contributeurs. Ces méthodologies sont d’autre part une réponse à une difficulté qui met souvent en péril des projets : le fait que l’environnement extérieur au projet est mouvant (voire même la composition du groupe ou du réseau qui l’anime !). Les projets conduits de façon collaborative sont caractérisés par une souplesse, une réactivité et une adaptabilité face à l’imprévu.
Collaborer : une nécessité ou une opportunité… mais pas toujours
La plupart des projets coopératifs énumérés ci-dessus ont été initiés « à la marge », par un acteur qui a devancé ou détourné une demande de sa structure. De ce fait, ils ont démarré dans un environnement particulier où les contraintes extérieures étaient légères sinon inexistantes en termes de besoins de financement, d’objectifs à atteindre, de délais à respecter (on dit souvent qu’il faut 2, 3 voire 4 ans pour qu’un projet collaboratif porte des fruits), etc. Pour caricaturer, on pourrait dire que les objectifs étaient formulés dans les termes suivants : « Avec presque rien, on va essayer de faire le plus possible ». L’observation de projets collaboratifs réussis [8] a fait apparaitre que plus le projet et son environnement son « contraints » (par des objectifs précis à atteindre dans des délais précis, par des comptes à rendre à des financeurs, etc.), moins les méthodes coopératives pourront porter de fruits. Si des contraintes de ce genre existent, de deux choses l’une : soit le coordinateur du projet saura les alléger, soit il ne le pourra pas et devra s’orienter en tout ou partie vers des méthodes de travail plus traditionnelles – par exemple en rémunérant des acteurs ou en les contraignant à « collaborer » par la pression hiérarchique.
Des questions portées par l’éducation populaire
Terminons par quelques préoccupations que des acteurs de l’éducation populaire peuvent introduire dans des démarches collaboratives. On constate que les coopérations qui marchent jusqu’à présent concernent souvent des experts entre eux. Comment solliciter la « non-élite », avec des pédagogies appropriées ? Comment faire pour que la coopération prenne aussi en compte des « savoirs d’expérience », moins formalisés et moins facilement partageables à distance ? Comment faire pour que la coopération permette de remettre en cause le déséquilibre entre « ceux qui savent » et « ceux qui ne savent pas » ? Comment faire pour que ces processus collaboratifs ne permettent pas seulement à des gens d’horizons différents de travailler ensemble, mais permettent également que des représentations fausses que peuvent avoir différents contributeurs les uns sur les autres évoluent ?
[1] Dans cet article, nous utilisons indifféremment les termes de collaboration et de coopération dans le sens de nouvelles méthodologies d’accompagnement de projet qui se distinguent des méthodes traditionnelles hiérarchiques. [2] Jean-MichelCornu et d’autres chercheurs ont ainsi identifié neuf lois de la collaboration. Voir www.cornu.eu.org/news/2-les-neuf-lois-de-la-cooperation. [3] Voir l’article Professionnels et amateurs enrichissent les archives municipales de Rennes. [4] Voir par exemple www.cornu.eu.org/news/4-3-definir-les-regles-du-jeu. [5] Voir par exemple www.generationcyb.net/Premieres-approches-d-un-projet,1016. [6] Voir http://autrans.net/spip/Atelier-9-Pratiques-collaboratives.html. [7] Voir www.generationcyb.net/Professionnels-et-amateurs,1315 et www.generationcyb.net/Migrations-a-Besancon-la-mairie,1365. [8] Voir par exemple www.cornu.eu.org/news/exemples-de-projets-cooperatifs.
Mis en ligne le mercredi 7 mai 2008