Réalités ou fantasmes, l’Afrique doit relever trois défis concernant l’internet :
le rattrapage de l’occident
l’autonomie
les usages
Le rattrapage de l’occident
Vraie ou supposée, c’est l’impression la mieux partagée dans tout le tiers-monde : le retard à combler en matière technologique. Tout le monde est en retard… mais en retard de quoi et sur qui ? Qu’est-ce que cette fracture numérique… alors qu’il n’y a jamais eu de monde holistique, unique et uni. Le modèle technologique d’un pays connecté, d’une administration en ligne, des téléprocédures et du commerce électronique est-il bien l’horizon indépassable de toute la planète ?
En Afrique, le problème de la connexion se superpose aux lacunes en matière d’infratructure téléphonique.. Peut-on, comme c’est envisagé en Algérie, sauter l’étape du téléphone cablé, pour passer directement à l’étape de l’internet par satellite ? Ou faut-il se passer de l’un et de l’autre pour passer simplement au téléphone mobile, dont le succès est exponentiel… mais avec des usages imprévus (la location de téléphones mobiles, pour des appels à l’unité) ?
Pour les données numériques, il n’y a peut-être pas besoin de connexion internet : des économies locales se satisfont par exemple de data gravées sur CD-ROM, CD-ROM qu’on transporte comme d’autres marchandises : à pied, à cheval, en pirogue ou en autobus.
Autonomie
Quelles sont les industries locales (plus précisement les micro-industries), en Afrique notamment, qui oeuvrent dans les NTIC ? Y’a-t-il les compétences requises pour assurer la maintenance des machines, les formations des usagers ? Et ces matériels sont-ils adpatés au contexte géographique (climat, voltage…) ?
Encore faut-il le savoir avant d’envoyer des ordinateurs européens par centaines, même remis à neuf.
La plupart des associations humanitaires qui envoient des machines font des "one shot", des opérations à un coup. Ou est le cercle vertueux de telles opérations, quand on sait qu’elles contribuent aussi à destabiliser, avec ce matériel gratuit, le commerce local ?
Une expérience toute autre a été menée en Thaïlande : des ateliers sur place ont adapté les NTIC aux contraintes locales : des ordinateurs "made in Thailand", plus solides qu’en occident, fonctionnant sur courant de 12 Volt, rechargeables avec une dynamo, tolérant la chaleur et l’humidité. Qui dit mieux ?
Les usages
Pour résumer la situation, les occidentaux avaient des besoins particuliers, et ils ont construits des ordinateurs et inventé l’internet pour y répondre. Toute cette technologie débarque dans le tiers-monde… et la question inverse se pose : "voilà un paquet de PC… Bon, quoi faire d’utile avec, et qui ne détruise pas l’économie locale ?".
L’expérience des EPN, à la française, avec un service gratuit, n’est probablement pas un modèle qu’il faut exporter tel quel, car il risque de tuer l’initiative.
En Afrique, le temps est une "matière première" qui ne coûte pas cher : tout prend du temps, mais ce n’est pas grave. C’est dire si l’instantanéité, le temps réel de l’internet est une valeur secondaire. L’ingéniosité, la solidarité, les hommes, sont également des ressources fortes. En revanche, l’initiative de l’Etat est défaillante, de même que les investissements privés en financements ou en matériels.
Nul n’ignore que Manhattan est plus connecté que toute l’Afrique, mais ce n’est pas une raison pour expédier tous azimuts du matériel informatique au détriment des besoins réels. La coopération informatique doit relever d’une bonne connaissance préalable du terrain et des besoins. Et le tiers-monde doit inventer ses propres usages, batis sur ses propres traditions et savoir-faire.
PS : ces remarques sont en grande partie issue des propos de Claire SCOPI, lors de la formation INJEP-CREATIF pour les animateurs de réseaux. PS 2 : cet article a été initialement mis en ligne le 29 novembre 2003.
Pour en savoir plus, voir le site www.africanti.org
Mis en ligne le lundi 29 novembre 2004
Je salue l’auteur de cet article qui est en fait une restitution. J’aurais souhaité m’adresser directement à l’auteur des ces propos…
C’est vrai, l’Afrique a tous les problèmes du monde. Et s’agissant de fracture numérique, combien de siècle nous faurdra t-il pour inventer nos propres ordinateurs… Avons nous inventé l’automobile ? En fait, il y a lieu de prendre du recul avant de parler de problèmes aussi sérieux….
L’Afrique n’est pas une poubelle, beaucoup l’ont compris et s’attèlent à optimiser les ordinateurs qu’ils expédient en Afrique. Nous les y encourageons vivement. L’Afrique en a besoin, oui, vraient besoin. Et c’est dans les écoles qu’il en faut le plus car, cet outil, si elle doit le maîtriser et espérer passer de simple consommateur à acteur, c’est sur les jeunes qu’il y lieu de compter.
Les générations supérieures en ont certes besoins pour travailler AUTREMENT. Améliorer tout d’abord la productivité, réuire les coûts de production…de transmission, y compris les délais d’attente…
Nous aimerions avoir d’amples précisions sur les ordinateurs Thaillandais auxquels il est fait référence… Merci également de pouvoir nous indiquer quelques adresses précises d’associations intéressées par des dons d’ordinateurs en Afrique…
Amicalement
laurent
obml@yahoo.fr
Bonjour,
je m’appellle Siga Niane, 45 ans,femme mariée et mère de 4 enfants. Je suis Sénégalaise et secrétaire de formation. J’ai fini ma formation depuis 82 à l’Ecole Nationale de Secrétariat de Dakar et depuis, pas de travail. Mon mari est le seul salarié de la famille et c’est trés dure de supporter loyer, facture et dépense quotidienne. Mon papa est décèdé depuis quelque année et je dois en plus aider ma mère et mes frères et sœurs. J’aimerai, par votre aide acquérir quelques ordinateurs afin d’ouvrir un cyber dans mon quartier. Cela me fera enfin voir le bout du tunnel et en même temps aider les enfants de mon quartier qui ne sont pas familliarisés avec l’outils informatique. J’ai fait plusieurs emandes sans succès, j’esplère que celle-ci sera la bonne. Je compte sur votre coup de main pour me sauver et sauver tous ceux qui dépendent de moi. De grâce répondez-moi vite. Merci d’avance.
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