generationcyb.net pointcyb lien vers les points cyb
Inscription à la lettre d'information | Fil infos rss 

 

Accueil > Web pédagogique et citoyen > Fossé numérique

La formation à distance au service du développement


Version imprimable Version imprimable


Franck GAILLARD (franck.gaillard@aedev.org) est secrétaire général et responsable de la formation à distance de l’association AEDEV (Association e-Développement - www.aedev.org), qui a pour objectif d’encourager l’usage des NTIC dans les pays du Sud et de les mettre au service du développement durable. Il assure en particulier la coordination de l’action de formation à distance de l’AEDEV.

Quelles sont les actions d’AEDEV ?

AEDEV est une association tournée vers l’action de terrain. L’association crée ainsi, gratuitement, environ 2 sites Internet par mois pour des associations basées dans le Sud ou en France. Au total, environ 150 sites ont été créés jusqu’à aujourd’hui (voir www.aedev.org/article.php3 ?id_article=15). Nous animons également une plate-forme de formation à distance construite avec le logiciel libre Ganesha. Nous menons aussi une action de recyclage, transport et montage de micro-ordinateurs pour des associations qui, au Sud comme au Nord, participent à des projets de développement. Cela peut par exemple aider à la création de cybercafés et de télécentres ou à équiper en ordinateurs des établissements scolaires. Nous travaillons en étroite collaboration avec le Centre des Handicapés de la Ville de Besançon qui dispose d’une unité de reconditionnement de matériels informatique.

Pourquoi la création de sites Internet ?

Nous nous sommes aperçus que disposer d’un site Internet n’est pas qu’une affaire de prestige pour une association africaine. Cela change son image et donne spontanément une autre dimension et une plus grande crédibilité à son action. Cela peut lui permettre de mobiliser de nouvelles énergies et de nouveaux soutiens, de développer de nouveaux projets utilisant ou non les TIC.

Comment fonctionne l’AEDEV ?

AEDEV est composée de membres actifs résidant en France, de correspondants en Afrique, de partenaires-adhérents (pour qui nous réalisons des sites) et de « e-bénévoles ». Chacun a une place et un rôle précis dans le travail en réseau d’AEDEV. Le membre actif accompagne un correspondant ou accomplit une tâche spécifique (création de site, formation, projet informatique, etc.). Le correspondant étudie les besoins des structures locales à but non lucratif dans le domaine des TIC, propose des solutions adaptées, fait connaître les services offerts par AEDEV et y participe à sa mesure. Le partenaire contribue à faire connaître les missions d’AEDEV par le fait même qu’il en bénéficie. L’« e-bénévole » réalise des travaux (création de sites, tutorat, rédaction d’articles, traduction…) au profit du réseau ; il est accompagné par un membre de l’association. Nous travaillons également en partenariat avec d’autres associations, notamment pour l’envoi d’ordinateurs.

Quels sont les moyens humains et financiers de AEDEV ?

AEDEV fonctionne sans aucun salarié : il n’y a que des bénévoles, qui peuvent avoir deux statuts : les bénévoles actifs (une dizaine), qui font tourner l’association ; et des « e-bénévoles » (une vingtaine actuellement), qui se mobilisent ponctuellement sur tel ou tel projet. Nous avons découvert qu’un grand nombre de personnes sont prêtes à investir ainsi du temps et des compétences dans un projet de développement lié à Internet, pour peu qu’elles rencontrent des propositions concrètes.

En quoi consiste l’action de formation à distance de l’AEDEV ?

Nous souhaitons agir sur l’offre et la demande d’Enseignement à Distance (EAD) ainsi que sur les conditions techniques pour les rapprocher.

Notre action sur l’offre consiste à :
- recenser des cours et contenus gratuits sur Internet (www.aedev.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=35) : une centaine actuellement, dans les domaines du développement durable, des arts graphiques, des activités d’éveil, de l’astronomie, de la biologie, du droit, de l’économie, de l’électronique, etc.,
- susciter la production de contenus,
- mettre en ligne les cours proposés par des enseignants, chercheurs ou experts,
- nouer des partenariats avec des organismes spécialisés dans la formation à distance.

Notre action sur la demande consiste à :
- promouvoir l’EAD auprès des enseignants, des élèves, des étudiants des pays du Sud,
- mener une action spécifique auprès des bibliothécaires et des centres d’orientation scolaire qui pourraient devenir des vecteurs de développement de l’EAD,
- offrir un débouché aux centres de formation à distance des pays du Sud à l’extérieur de leurs frontières.

Afin de rapprocher l’offre et la demande, nous souhaitons encourager la création de télécentres qui permettront aux étudiants de suivre des formations. Nous voulons aussi nouer des partenariats avec des sociétés éditrices de plates-formes de formation à distance.

Que trouve t-on sur le campus numérique de l’AEDEV ?

Nos actions sur l’offre et la demande d’EAD passent aussi par la création directe de contenus. Le campus numérique de l’AEDEV (www.aedev.org/campus) a ainsi ouvert ses portes en 2002-2003. Nos cours en ligne concernent pour l’instant la géopolitique, l’histoire, les TIC au service du développement, des formations bureautiques. Ils sont composés de textes, d’illustrations et de quizz. Il s’agit surtout d’une autoformation en ligne. Nous avions au début proposé en parallèle des forums en direct entre apprenants et tuteurs, mais il est souvent difficile pour des gens qui n’ont pas accès, en général, à des connexions de bonne qualité et qui ne partagent pas les mêmes fuseaux horaires, de pouvoir se connecter à l’heure dite. Ce qui fonctionne ressemble en fait plutôt à un tutorat asynchrone et ponctuel en ligne. Nous proposons très peu de formations en présentiel. Cela se produit exceptionnellement lorsque, par exemple, nous installons des ordinateurs dans une association en Afrique.

Avez-vous identifié les attentes et caractéristiques de vos publics ?

La demande principale est de s’autoformer. Une demande secondaire est de pouvoir faire reconnaître ou valider par un certificat l’acquisition de ses connaissances, mais c’est une demande moins fréquente. Nous constatons que cette demande d’avoir accès à des connaissances grâce à Internet est réelle et importante en Afrique : plusieurs centaines de personnes se sont inscrites depuis l’ouverture de notre campus. L’inscription est gratuite. Il suffit de remplir en ligne une fiche de renseignements qui nous permet de connaître l’origine et les attentes de la personne. Ces personnes sont issues de tous horizons et de plus de 40 pays !!! 20% seulement sont françaises et 11% habitent la RDC, 7% le Sénégal, 7% le Cameroun, 7% le Togo, 5% le Maroc, 5% la Côte d’Ivoire, etc. Au total près de 800 personnes se sont inscrites à nos formations.

Comment concevez-vous vos modules de formation ?

C’est l’œuvre des membres actifs et de « e-bénévoles ». Les modules de géopolitique, par exemple, ont été conçus par un professeur d’histoire et géographie à la retraite.

Est-il possible de vous proposer des contenus de formation ? Quelle est la procédure à suivre ?

Il suffit de m’adresser directement les propositions par mail. Nous examinerons ensuite les conditions de leur mise en ligne et de leur promotion.


Cet article alimente les réflexions sur la journée d’échange de pratiques du 9 mars 2006 à l’Injep. Le thème de cette manifestation gratuite et ouverte au public porte sur "L’éducation populaire & la formation à distance et comment les TIC peuvent-elles enrichir les pratiques d’éducation populaire ?

Publiées sous la licence Creative Commons « paternité, pas d’utilisation commerciale et reproduction à l’identique », les contributions reproduites n’engagent l’avis et la responsabilité que de leur auteur. http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.5.

Mis en ligne le samedi 25 février 2006



Répondre à cet article

Contact | Plan du site | Espace privé
Dernier ajout : vendredi 24 mai 2013 | 821 articles sur ce site.

Generationcyb.net est motoris´ par Spip 1.9.2e associ´ a un squelette spip Rizom
Sauf indication, les articles sont mis a disposition sous un contrat Creative Commons
Ministere en charge de la jeunesse Institut national de la jeunesse et de l'education populaire Information jeunesse Centre d'information et de documentation jeunesse