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Le CIDJ a donc convié l’INJEP à présenter le site Génération Cyb aux animateurs Information Jeunesse et multimédias d’Ile-de-France réunis aujourd’hui quai Branly.
Lorsque, un peu plus tard, la conversation s’est engagée sur le thème de la discussion en ligne, les avis ont été aussi variés que les diversités locales : « Ici, le chat est interdit car on reçoit des mineurs non accompagnés », « Ici, on l’autorise une heure maxi et à une personne par poste et ça marche. Nous ne recevons pas de mineurs isolés. Des jeunes qui viennent au point Cyb n’ont pas Internet chez eux, et ils ont le droit de chatter comme les autres, de la même façon qu’on leur propose un accès à la messagerie électronique », « Ici, on finit toujours notre atelier d’initiation à Word par un petit chat. Rien de tel pour se familiariser avec le clavier ! ».
Discuter avec des copains ou parents proches ou éloignés, avec des personnalités invitées sur des sites d’information… et donc maintenant avec des recruteurs, puisque comme Libération l’annonce le 18 octobre, le site www.clubmed-jobs.com propose un « chat emploi » pour attirer des cuisiniers en recherche d’emploi et leur permettre par la même occasion de discuter en direct avec des employés de l’entreprise et ses recruteurs.
Derrière l’usage plus ou moins permis et surveillé du chat dans les Points Cyb se pointent les questions de protection des mineurs, de sécurité et d’éducation aux usages qui ne sont pas propres au chat, ni à Internet, mais concernent toute situation de communication (petites annonces dans la presse, téléphone, demain télévision interactive…).
C’est précisément ce qui interroge dans l’autre article intitulé « Prostitution de lycéennes piégées via le net ».
Passons sur le style journalistique sensationnel et ses approximations qui confondent joyeusement chat et forum de discussion. Passons sur le fait qu’on aimerait bien aussi lire de temps un article du style « Discussion passionnante en ligne entre des lycéens et leur maire », « Etonnant dialogue en ligne de collégiens avec l’autre bout du monde », etc. Extrait de l’article : « Les policiers ont été surpris par le profil de ces adolescentes scolarisées, qui possèdent des portables et portent des vêtements dernier cri, sont issues de milieux favorisés. […] Elles apparaissent cupides, légères, inconséquentes. […] Elles ne se rendent pas compte de ce qu’elles font. »
N’accusons donc pas que le chat ou les forums, qui ne sont dans cet exemple que des facilitateurs. Si des jeunes filles de 14 à 17 ans sont partantes pour « rencontrer des messieurs pour gagner du fric ensemble », Internet est-il seul responsable ? Mais que font les éducateurs (parents, enseignants, médias…), pour paraphraser une autre question ?
Certes, Internet et les chats facilitent l’anonymat et agrandissent le terrain de chasse pour les « Thomas » (de 28 ans dans cet article) qui ne font plus la sortie des collèges et lycées mais surfent sur le Web pour « repérer des nanas intéressées par des cadeaux ».
Certains diront que tous les êtres féminins de 7 à 77 ans qui se connectent sur le Net risquent de se retrouver la proie des Thomas de tous âges.
D’autres saisiront l’occasion pour chercher sur Génération Cyb (ou ailleurs) des moyens pédagogiques, ludiques et logiciels - ils sont nombreux - qui peuvent aider les jeunes, leurs parents et leurs éducateurs à « déjouer les pièges d’Internet ».
Mis en ligne le mardi 19 octobre 2004