Le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie vient de publier un rapport intitulé « La diffusion des technologies de l’information dans la société française », d’après une enquête réalisée pour l’ART, qui fait la part belle aux usages des adolescents. Neuf « ados » sur dix sont familiarisés avec Internet et l’informatique quand seul un adulte sur deux l’est. Ainsi, une génération entière se prépare à entrer dans l’âge adulte avec la maîtrise d’Internet.
Ce constat est d’autant plus édifiant que seuls 4% des citoyens étaient connectés en 1998.

Pourquoi tant de web ?
L’impulsion des pouvoirs publics y est pour beaucoup : multiplication des EPN, développement de l’informatique dans les établissements scolaires… Selon une enquête de l’Inspection générale de l’Education Nationale, tous les lycées disposaient d’un accès Internet dès l’an 2000… et c’est justement à l’école que 78% des 12-17 ans utilisent un ordinateur.
Les jeunes sont également souvent l’élément déclencheur de connexion des foyers. Même si les adultes ne sont pas dupes, ils préfèrent mettre toutes les chances de réussite du côté de leurs enfants et achètent des micro-ordinateurs neufs.
Et la fracture numérique ?
Certes, une partie des 12-17 ans n’ont jamais utilisé Internet, et parmi eux, les enfants d’ouvriers, de non diplômés et de chômeurs sont légèrement sur-représentés.
Mais le fait notable est que les usages des NTIC se ressemblent beaucoup, que l’on appartienne au haut ou au bas de l’échelle sociale ; 83% des enfants d’ouvriers sont connectés contre 91% des enfants de cadres : l’écart est faible.
Analyse critique
Cette enquête dont le parti pris est enthousiaste passe un peu sous silence les usages au profit des seules données quantitatives. La connexion à Internet ou l’objectif visé de 2 heures de connexion par jeune et par jour (chiffres américains de Harris Interactive et Teenage Research) sont-ils des fins en soi ? Internet, certes, mais pour quoi faire ?
Les questions des sites consultés, des sites réalisés, des usages pédagogiques ou pratiques ne sont pas abordées. Autre lacune, mais en terme de méthode, les statistiques du CREDOC semblent se fonder sur les seules déclarations des usagers : l’enquête véhicule une image de jeunes idylliques dont les usages Internet prioritaires sont la recherche informative (83%) suivie du travail (81%) à égalité avec les jeux (81%). Des chiffres qui se heurtent frontalement aux observations quotidiennes dans les points cyb, faites de Chat, de mp3, de vidéo-clips et de sites roses.
Mis en ligne le samedi 27 mars 2004
- Le haut débit expliqué au grand public
- Droit de l’EPN : jurisprudence et prudence (1)
- La quintessence des problèmes juridiques des EPN : la gestion du public
- Compte-rendu de la réunion du 11/03/03 sur l’animation nationale des points cyb 2003
- BREVET PROFESSIONNEL "techniques de l’information et de la communication"