Dans le cadre d’un Master II "web éditorial", Anne Le Bot a choisi comme sujet de mémoire les dispositifs de démocratie participative locale utilisant Internet. Elle a mis en place le blog www.memoire-e-democratie-locale.net/blog afin de recueillir des témoignages d’internautes, d’élus et d’animateurs de sites de collectivités locales sur ces dispositifs.
Son blog est déjà en lui-même un très bon exemple de "démocratie participative" sur Internet !
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Comme en leur temps la radio puis la télévision, et même davantage que ces dernières, Internet a suscité de grands espoirs "démocratiques". Il est vrai que c’est un système décentralisé et fondé sur les échanges et la collaboration : de là à l’utopie démocratique, il n’y avait qu’un pas. En ces temps de "désenchantement démocratique" (Pascal Perrineau), Internet est souvent vu comme un moyen de rapprocher élus et habitants, notamment au niveau local (de la commune à la région).
De très nombreuses collectivités locales se sont dotées d’un site Internet afin d’informer les habitants, mais …
Combien d’entre elles utilisent également ce site pour solliciter leur avis et débattre avec eux ?
Et pour celles qui ont mis en place un tel dispositif, est-ce que les habitants et les élus s’y rencontrent ?
Comment débattre quand chacun est chez soi, devant un écran d’ordinateur, et pas forcément au même moment ?
Dans un débat "en vrai", beaucoup ne prennent pas la parole par timidité. Sur Internet, qui s’exprime ?
Comment font ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’écrit ?
Faut-il animer les débats sur Internet, ou au contraire laisser les internautes faire comme ils veulent ?
Est-ce que les élus s’impliquent directement dans ce type de dispositif ? Est-ce une condition de l’intérêt des habitants, d’ailleurs ?
Outre ces questions, Anne souhaite également recueillir des témoignages sur :
la représentativité visée et atteinte par la démocratie participative sur Internet. Dans les dispositifs de démocratie participative locale sur Internet, on se heurte en effet à plusieurs niveaux de "fracture" qui excluent de fait certaines populations, et pas uniquement celles qui sont les traditionnelles "oubliées" de la démocratie participative hors Internet,
l’implication des élus locaux, son hypothèse de départ étant que l’implication directe des élus dans ce type de dispositif en ligne est une condition sine qua non de la réussite.
l’accompagnement des cyber-citoyens. Faut-il accompagner la prise de parole via Internet ? Faut-il encadrer les débats comme c’est souvent le cas lors de débats où les gens sont physiquement rassemblés ? Faut-il mettre en place, comme certains auteurs le préconisent, une "grammaire participative" très cadrée, ou au contraire laisser faire les internautes ? Comment prendre en compte les spécificités d’Internet en matière de débats ?
Que vous soyez citoyen ou élu, vous avez peut-être vécu des expériences concrètes dans ces domaines. Partagez-les sur www.memoire-e-democratie-locale.net/blog ! Vous avez plusieurs possibilités :
sur le forum,
en répondant à l’enquête internautes,
en répondant à l’enquête élus,
en répondant à l’enquête animateurs de sites.
Mis en ligne le lundi 14 avril 2008
Evelyne Rogue, Avenir de la démocratie ou démocratie à-venir ?
Etymologiquement parlant « démocratie » ne signifie rien d’autre que gouvernement du peuple. En effet, ce terme composé d’une part de « démos », terme d’origine grecque signifiant peuple et « cratein » désignant « gouverner », ne peut que renvoyer au pouvoir ou gouvernement du peuple. Mais jusqu’à quel point est-il possible d’affirmer que le peuple gouverne ? Dans quelle mesure, est-il légitime de dire que le pouvoir appartient au peuple ? L’exercice du pouvoir par le peuple est-il possible ? Chacun le sait, la démocratie désigne une forme de gouvernement parmi d’autres, étant elle-même entendue au sens de règne du peuple, dans son ensemble ou par ses représentants. Dans tous les cas, elle renvoie à l’idée du pouvoir légitime qui garantissant les droits individuels. Si nous ne pouvons nier que le pouvoir actuellement appartient aux représentants du peuple, est-ce une raison nécessaire et suffisante pour en conclure que nous sommes en démocratie au sens fort du terme ?
La démocratie est en effet intrinsèquement liée à l’idée de liberté. Mais la liberté de chacun et de tous ne pourrait-elle pas conduire à l’anarchie ? Toute démocratie doit donc être subordonnée aux lois. Mais alors dans quelle mesure les lois - en tant qu’elles nous sont imposées par une instance suprême - peuvent nous apparaître sous une autre forme que celle de la tyrannie ? Pour Hobbes, la solution se trouve dans la non-confusion entre liberté et licence (i.e. absence de lois) ou liberté et empire. Et si Rousseau ne visait d’autre but que de concilier l’existence de la liberté et celle de la société, il n’en faut pas moins nous demander comment la société peut être solide alors qu’elle est composée d’individus attachés à leur indépendance ? Comment l’existence de la société, des lois et du pouvoir, peut être légitime ? La réponse se trouve - une fois de plus - dans le pacte d’association qui fonde la société comme communauté juridique et politique. Or, si la politique concerne le bien du peuple, qui mieux que le peuple peut savoir ce qui lui est profitable ? Alors la solution se trouve-t-elle dans la politique 2.0, comme semble le laisser penser la présentation du projet « Socracy », selon laquelle « aujourd’hui les nouvelles idées politiques sont générées soit à l’intérieur des partis, soit par des associations. Ces organisations rassemblent des individus fortement intéressés par la politique en général ; et prêts à y consacrer beaucoup de temps. Malheureusement, beaucoup de gens n’ont pas beaucoup de temps à leur disposition, et souvent ne souhaitent contribuer qu’aux domaines qui les touchent directement ou dans lesquels ils ont une compétence particulière. Nous nous privons ainsi de beaucoup d’avis et d’idées, pourtant émanant souvent de personnes très proches du terrain et parfois de véritables experts. » et le site d’insister sur le fait que « les outils collaboratifs de type Web 2.0 offrent à chacun un accès rapide et aisé à l’information, adapté à ses centres d’intérêt immédiats. Nous pouvons tous contribuer efficacement et bénéficier immédiatement des avis et retours d’autres internautes. Avec un minimum d’organisation, c’est toute la société civile qui peut être mobilisée pour résoudre les grandes problématiques de notre vie politique" ? Lire la suite : http://www.france2025.fr/xwiki/bin/view/France2025/Avenirdelademocratieoudemocratiea-venir