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Premières approches d’un projet coopératif


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Cet article reprend et développe des thèmes liés aux "nouvelles approches de la coopération", pour certains déjà abordés dans d’autres articles de www.generationcyb.net.

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Coopérer…
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Quelques définitions

Coopérer consiste à oeuvrer à un même objectif.

Collaborer consiste à oeuvrer à une même tâche.

Lorsque l’on collabore, on coopère donc obligatoirement [2]. Mais on peut très bien coopérer sans forcément collaborer (lorsque les différents coopérateurs travaillent chacun à une tâche distincte et complémentaire).

Christian Staquet [3] établit une autre distinction :

  •  collaborer, c’est additionner des compétences pour un projet,
  •  coopérer, c’est partager des compétences pour un projet, apprendre à l’autre et accepter d’apprendre de l’autre. Dans la coopération, dit-il, on a des attentes plus importantes par rapport à l’autre ; on attend des retours positifs de lui.

    La nouvelle approche de la coopération proposée par Jean-Michel Cornu (www.cornu.eu.org/texts/cooperation) et d’autres chercheurs est encore expérimentale à l’aube du 3e millénaire. En s’inspirant de succès de la coopération principalement dans le domaine des NTIC, elle introduit des préoccupations originales :

  •  on cherche à réduire au maximum les besoins de départ du projet et les contraintes extérieures,
  •  on laisse ouvertes les portes du projet : les coopérateurs sont libres de coopérer (on cherche même à attirer de nouveaux contributeurs) et leur non-coopération n’entrave pas le projet,
  •  le coordinateur assure seul les tâches critiques du projet (qu’il aura réduites au minimum).

    En conséquence, la souplesse du groupe, son adaptabilité à l’environnement, sa capacité à saisir les opportunités, la plus grande motivation des contributeurs peuvent produire des résultats qui vont au-delà des résultats espérés.

    Dans son ouvrage, Jean-Michel Cornu regroupe les clés ou principes de la coopération sous 3 grands thèmes :

  •  Réconcilier l’intérêt individuel et l’intérêt collectif,
  •  Multiplier les possibilités sans qu’aucune ne soit critique,
  •  Faciliter le passage à l’acte.

    Si, comme nous allons le voir à travers des exemples, l’approche coopérative peut être très fructueuse, nous allons voir également qu’elle ne convient pas à tout type de projet.

    Dans ce qui va suivre, nous employons le terme de "coopération" dans ce sens de "nouvelle approche de la coopération".


    Quelques exemples de projets coopératifs

  •  les exemples les plus nombreux sont reliés à des usages des NTIC (on verra pourquoi) :
      • Linux, système libre dont la création a été coordonnée par Linus Torvald, qui se définit lui-même comme "une personne très paresseuse, qui aime se faire remercier pour le travail effectué par d’autres" [4],
      • www.spip-contrib.net, site des contributeurs au logiciel libre Spip,
      • wikipédia, l’encyclopédie collaborative, sur http://fr.wikipedia.org
      • des forums d’entraide, qu’ils soient techniques ou sur des thèmes comme la santé (voir les forums de www.filsantejeunes.com),
      • la bibliographie collaborative de l’INRP sur http://wikindx.inrp.fr/biblio_vst
      • "Yahoo questions-réponses", sur http://fr.answers.yahoo.com (voir aussi un article très intéressant comparant "Yahoo questions-réponses" et "Google answers" (http://answers.google.com) : "Pourquoi aidons-nous notre prochain ?", sur www.internetactu.net/ ?p=6797,
  •  des exemples liés ou non aux NTIC

    Il ne suffit pas de s’impliquer, de se trouver dans un environnement d’abondance ou même d’appartenir à une communauté de travail pour être dans la coopération

    Lorsque l’on regarde le fonctionnement d’un groupe, on peut observer des signes extérieurs de fonctionnement coopératif, mais qui ne suffisent pas forcément à en faire un réel groupe coopératif :

  •  un objectif apparemment commun,
  •  une apparente implication des membres, qui sont libres de rentrer dans le projet et d’en sortir,
  •  un sentiment d’appartenance à une communauté.

    Mais chacun peut très bien agir dans son coin et pour lui-même, sans interaction avec les autres, sans enrichissement des apports des uns par les apports des autres et sans que tout cela ne produise des avancées pour le groupe.

    Exemple : dans la "société de l’information", Internet rend abondantes certains ressources : l’information, les photos, les vidéos, la création artistique, etc. Mais ce n’est pas parce qu’on les partage que nous nous trouvons toujours face à de la coopération. Toute approche qui vise à échanger des contenus n’est pas forcément coopérative. Des sites emblèmatiques du "Web 2.0" comme flickr.com (partage de photos), youtube.com (partage de vidéos) sont plus une juxtaposition d’éléments déposés par les uns et les autres que le résultat d’une production collaborative ou coopérative.
    Revenons à Agoravox.fr. Ce site de journalisme citoyen présente certains aspects de travail coopératif au sein des forums d’échange associés aux articles ou encore du wiki qui permet à plusieurs internautes de collaborer à l’écriture d’un même article (http://wiki.agoravox.fr).

    La coopération ne suppose pas seulement une notion de communauté, d’objectifs commun, de gestes communs et d’implication personnelle des membres. Elle suppose aussi des interactions réelles entre les coopérateurs, qui vont produire des avancées du projet.


    Dans quels domaines l’éducation populaire peut-elle tirer profit de cette nouvelle approche de la coopération ?

  •  pour la construction collective de savoirs,
  •  dans des démarches pédagogiques qui placent la personne en situation active. On peut supposer en effet que l’approche coopérative permet de mieux valoriser l’individu et le groupe que l’approche traditionnelle,
  •  dans la mise en oeuvre d’usages coopératifs des NTIC. Les NTIC - en particulier lorsqu’elles sont utilisées à distance - peuvent être des outils froids et destructeurs de lien si l’on ne crée pas de nouveaux usages,
  •  dans la constitution de réseaux d’acteurs en présentiel et à distance et dans l’accompagnement de projets,
  •  dans une réflexion sur les licences juridiques des logiciels et des contenus, de manière à favoriser les actions d’éducation populaire,
  •  …

    En quoi l’éducation populaire peut-elle interroger cette nouvelle approche de la coopération ?

    En ajoutant des préoccupations telles que :

  •  la prise en compte de la culture de l’autre, le partage des cultures et des compétences,
  •  comment la coopération permet-elle que dans le groupe non seulement les "élites" coopérent, mais aussi ceux qui n’emploient pas le même langage que le coordinateur ou que les principaux contributeurs mais ont aussi une expérience à faire valoir ?,
  •  comment la coopération produit-elle des alternatives au monde marchand et à la privatisation des savoirs ?
  •  comment empêcher la coopération d’être colonisée par des usages plus proches de la consommation de services gratuits que d’une réelle volonté d’échange ?
  •  …

    Cette nouvelle approche de la coopération peut-elle être mise en oeuvre dans nos cadres de travail habituels et en particulier dans l’éducation populaire ?

    On accepte sans trop de difficultés d’introduire "un peu de coopératif" dans une conduite de projet traditionnelle :

  •  développer le sentiment d’appartenance au groupe,
  •  développer l’implication personnelle des membres,
  •  prendre en compte les bonnes idées,
  •   ???

    Mais pour accompagner un projet de façon entièrement coopérative, nos mentalités doivent encore évoluer, en particulier sur les faits suivants :

  •  il faut d’abord prendre en compte le fait que les personnes appelées à travailler sur un même projet peuvent avoir des attitudes très différentes, allant de la coopération à la compétition, que la coopération ne va pas de soi et que la poursuite d’intérêts particuliers n’est pas toujours incompatible avec la coopération. Chacun dispose en effet d’un espace de liberté dans son travail : les membres d’un projet - même s’ils sont payés pour cela ou obligés par leur hiérarchie - sont toujours libres de ne pas coopérer (au mieux, pour satisfaire aux normes, un membre qui ne veut pas coopérer se contentera de "faire de la présence" ; au pire, il fera de l’obstruction dans le groupe),
  •  accorder à chaque contributeur la liberté de participer ou non, de quitter le groupe à tout moment (là où l’on considère que chacun doit faire le travail pour lequel il est payé et que la valeur d’un travail - par exemple d’une formation - s’accroît avec son prix),
  •  favoriser les environnements d’abondance (là où les cultures du secret, de la concurrence, de l’insécurité professionnelle, etc. vont plutôt dans le sens de cultiver la rareté),
  •  concentrer les tâches critiques entre les mains du coordinateur (là où on a l’habitude de les répartir entre différents responsables du projet),
  •  faire un travail de réduction des contraintes qui pèsent sur le projet (là où on a l’habitude de ne pas remettre en cause les contraintes et d’essayer de s’y adapter),
  •  ouvrir grandes les portes du groupe et lui donner une visibilité à l’extérieur pour permettre à des contributeurs de tous horizons de le rejoindre (là où l’habitude est de définir au démarrage du projet les personnes ou structures qui y participeront),
  •  accepter de patienter, de prendre le temps pour le groupe mûrisse et produise des résultats (là où, pour le commun des mortels, efficacité rime avec rapidité et où, pour les animateurs de projet, une donnée essentielle de la conduite traditionnelle de projet consiste à définir des délais d’exécution),
  •  miser sur les mécanismes d’estime, le plaisir dans l’échange (on manque de savoir faire),
  •  savoir saisir des opportunités imprévues (là où l’on veut tout planifier),
  •  être réactif (on ne sait pas vraiment faire),
  •   ???

    Il est parfois envisageable de mettre en oeuvre un accompagnement de projet mixte coopératif et traditionnel (voir plus bas). Mais cette décision doit être motivée par les caractéristiques d’un environnement du projet qui ne se prêtent pas à une conduite entièrement coopérative, plus que par un choix subjectif des membres du groupe.


    L’approche coopérative et les autres approches

    On peut ranger dans les approches traditionnelles deux types d’approches :

  •  l’approche planificatrice, dans laquelle les acteurs agissent parce qu’ils sont soumis à des contraintes, à un pouvoir coercitif,
  •  l’approche économique, dans laquelle le "fournisseur" agit en étant payé au prix du marché par le "consommateur".

    Dans l’approche coopérative, en agissant sur l’environnement, on cherche au contraire à réduire les contraintes et à augmenter les opportunités.

    L’approche coopérative cherche à gérer au mieux les opportunités. L’approche traditionnelle cherche à gérer au mieux des contraintes.


    Quelle approche choisir ?

    Il existe des cas de figure où les projets coopératifs sont plus efficaces et d’autres où les projets traditionnels sont mieux adaptés.

    Si l’environnement du projet est caractérisé par une rareté de matériaux, cela gênera la libre implication des membres, l’arrivée de nouveaux contributeurs et de nouvelles opportunités, etc. → il vaut mieux choisir une approche planificatrice.

    S’il y a rareté et imprévisibilité dans l’environnement du projet, il vaudrait mieux choisir de même une approche planificatrice. Mais celle-ci étant rendue inopérante par le caractère imprévisible de l’environnement → on optera pour une approche économique.

    S’il y a abondance et imprévisibilité dans l’environnement, → on s’efforcera de mettre en oeuvre une approche entièrement ou en partie coopérative. Car une approche planificatrice ou économique ne permettra pas de saisir les opportunités, d’accueillir de nouveaux contributeurs, de les motiver, etc.

    Un cas fréquent est que l’on doit à la fois gérer des contraintes [5] et des opportunités. S’il y a des contraintes ou des tâches critiques que l’on ne peut éviter, on pourra tenter de les gérer en introduisant un peu de traditionnel dans le coopératif. L’important est de rester ouvert aux opportunités.


    La place des NTIC dans les projets collaboratifs

    Une des clés du succès d’un projet coopératif est la qualité de la communication. Internet rend les échanges plus faciles et plus rapides et favorise donc la coopération. Il permet que le travail se fasse aussi à distance, et pas seulement durant les réunions. Les nouveaux outils tels que Wikis et blogs, plus simples d’utilisation que les technologies précédentes, facilitent encore davantage la coopération.
    Plus précisément, Internet favorise la coopération en :

  •  facilitant le passage à l’acte des contributeurs en simplifiant les procédures,
  •  permettant au coordinateur de mettre en valeur leurs apports et d’offrir à tous les contributeurs un accès à la même information,
  •  facilitant l’abondance dans l’environnement du projet, en permettant la réutilisation de contenus, en permettant de recruter de futurs contributeurs,
  •  réduisant les contraintes financières sur le projet

    NB : il est important de ne pas se limiter aux échanges sur Internet. Les échanges par téléphone et de visu peuvent être d’une grande aide.

    Par ailleurs, les NTIC doivent servir à démultiplier les moyens du coordinateur, en aucun cas à le déresponsabiliser. Elles ne doivent pas non plus ajouter des contraintes (techniques) supplémentaires au projet, ce qui élèverait le seuil de passage à l’acte.

    Notons enfin que les NTIC supposent un passage par l’écrit, ce qui joue sans doute un rôle positif dans la coopération, en permettant à chacun de prendre le temps de formaliser des choses, de réagir à froid, etc.


    Comment, concrètement, mettre en oeuvre les principes de la coopération : les 10 principes de la coopération (très inspirés de Jean-Michel Cornu)

    Objectif 1 : réconcilier l’intérêt individuel et L’intérêt collectif pour faire que la participation au projet du groupe ne nuise pas ou même serve l’intérêt individuel (sans tomber dans l’excès de l’individualisme)

    Comment ?

    -1- Favoriser un environnement d’abondance pour permettre une économie du don
    → savoir trouver l’abondance là où on ne l’attend pas fait partie de l’art du coordinateur [6]
    → maximiser le nombre de contacts extérieurs au groupe, pour multiplier les opportunités
    → utiliser Internet pour communiquer et rallier de nouveaux contributeurs
    → c’est un rôle important du coordinateur, que de créer une abondance au départ du projet, en n’hésitant pas à réutiliser de l’existant (il ne s’agit pas de copier un projet existant, mais de se concentrer sur ce qui fait l’originalité du projet) ; il semble par ailleurs qu’on ne peut jamais démarrer un projet coopératif de rien du tout,
    → les licences libres facilitent l’abondance en autorisant à réutiliser des contenus.

    -2- Permettre au groupe de durer dans le temps. Les communautés qui durent convergent vers des comportements de coopération. Le temps développe la maturité du groupe, la confiance et le sentiment d’appartenance de ses membres. Plus le groupe est mûr, plus nombreux seront ses membres actifs ou proactifs (prenant des initiatives).
    → le coordinateur doit permettre à la communauté de durer (on estime qu’il faut en général deux ans pour qu’un groupe devienne mûr, mais cela peut aussi ne jamais arriver, ou arriver plus tôt si, par exemple, le groupe parvient à surmonter un conflit),
    → il doit rendre accessible à tous un historique permanent du projet
    → il doit donner aux contributeurs une vision à long terme du projet
    → il doit veiller à ne pas ajouter des contraintes au projet avec le temps, en particulier des contraintes financières
    → cela ne veut pas dire que la communauté doit rester figée dans le temps. Au contraire, elle doit se remettre en cause régulièrement. Le coordinateur doit adapter en permanence les objectifs du groupe en fonction des opportunités

    -3- Développer des mécanismes d’évaluation par l’estime
    → l’estime doit être apportée par l’ensemble du groupe, non pas seulement par le coordinateur
    → le coordinateur doit donner à voir les apports des contributeurs
    → il faut éviter que les contributeurs tombent dans la recherche forcenée de la satisfaction individuelle [7]
    → les contributeurs doivent aussi trouver du plaisir dans l’échange et pouvoir y acquérir des savoir-faire

    Objectif 2 : multiplier les possibilités sans qu’aucune ne soit critique

    Comment ?

    -4- Le coordinateur doit minimiser les besoins de départ pour alléger les contraintes et laisser du temps au projet de faire ses preuves

    -5- Le coordinateur doit conserver en ses mains les tâches critiques afin de réduire les risques d’échec du projet. Il rend ainsi le projet résistant à la non-coopération : une personne qui ne fait pas son travail ne bloque pas le projet.
    → le coordinateur doit décomposer le projet en un minimum de tâches critiques qu’il prendra à sa charge ou fera gérer en partie par des méthodes traditionnelles non coopératives, et en un maximum de tâches non-critiques proposées au groupe
    les tâches critiques que doivent réaliser les coordinateurs : apporter un fonds de contenus de départ (en n’hésitant pas à réutiliser des choses existant ailleurs), définir les objectifs sous forme de "le plus possible de…" et les adapter en permanence aux opportunités, trouver en permanence de nouveaux contributeurs, ne pas les sélectionner mais ne pas leur donner de tâches critiques, mettre en oeuvre des mécanismes d’estime, identifier les bonnes idées et les intégrer au projet, rappeler souvent au groupe les informations nécessaires (car le niveau d’attention peut être faible, même si le niveau d’implication est haut pour certains), identifier les tâches non réalisées, exclure (en dernier recours) une personne qui perturbe le projet, produire la première version des productions critiques du groupe… le coordinateur ne doit pas être celui qui fait tout, mais celui qui fait faire. Sa tâche essentielle est de faire circuler l’information en étant réactif, de donner une visibilité aux contributions des uns et des autres.

    -6- Le coordinateur doit favoriser les opportunités

    Objectif 3 : faciliter le passage à l’acte

    Comment ?

    -7- Le coordinateur et les contributeurs doivent disposer d’une sécurité matérielle minimum
    → une des questions les plus cruciales de la coopération est la sécurité personnelle des membres, et en premier lieu du coordinateur ; le coordinateur peut disposer d’un emploi dans lequel le projet peut apporter un plus, ou d’un emploi dans une grande entreprise, une université, une administration, etc. qui laisse une certaine liberté à ses employés ; il serait très gênant que sa rémunération soit directement liée au projet

    -8- Les contributeurs doivent pouvoir se désengager du projet à tout moment
    → le coordinateur doit veiller à laisser la porte ouverte, laisser aux utilisateurs la liberté de rentrer et partir. Cela les incite à "venir voir", et garantit que ceux qui restent y restent par envie et non par obligation,
    → on peut même encourager la multi-appartenance à différents groupes

    -9- Le coordinateur doit faire simple et être réactif

    Principe 10 : aucun des 9 principes ci-dessus ne doit être oublié ! . Si un des principes n’est pas respecté, l’ensemble du projet peut être en péril.


    Les caractéristiques et qualités d’un coordinateur

  •  doit disposer d’une sécurité financière, si possible indépendante du projet
  •  sens des relations humaines
  •  savoir reconnaître les bonnes idées des autres
  •  très grande réactivité pour mettre en valeur les contributions (en les triant au passage). C’est la principale qualité que l’on retient de l’article La Cathédrale et le bazar, sur www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/ qui étudie la façon de faire de Linus Torvald.

    Peut-il (et est-ce souhaitable ?) y avoir plusieurs coordinateurs ?

    C’est possible. Mais les liens entre eux doivent être très forts et plus ils sont nombreux, plus la complexité de leur tâche augmente. Plus le groupe va mûrir, plus il comportera de membres prenant des initiatives et plus sa coordination pourra être assurée par plusieurs personnes.


    Quel est l’intérêt pour l’employeur d’avoir un employé engagé dans un projet coopératif ?

    Voir à ce sujet www.khitmutgar.net.


    Peut-on introduire du traditionnel dans du coopératif ?

    Peut-il y avoir dans un même groupe des membres qui travaillent de façon coopérative et d’autres de façon traditionnelle ? Peut-on alterner dans une conduite de projet des phases coopératives et des phases "traditionnelles" ?

    C’est possible… dans certaines conditions et si on ne peut faire autrement.
    Le choix de mixer coopération et approches traditionnelles (par la planification ou le marché) ne doit pas être une décision venue d’on ne sait où, mais un choix imposé par l’environnement du projet, que l’on ne peut aménager suffisamment de façon à permettre un accompagnement entièrement coopératif :

  •  lorsque l’environnement n’est pas abondant et qu’on ne parvient à y créer de l’abondance,
  •  lorsque l’on est contraint d’atteindre des objectifs précis définis à l’avance, ou lorsqu’un résultat précis est attendu de chacun, comme par exemple pour l’équipage d’un navire à l’approche de la tempête,
  •  lorsque les délais sont courts et qu’il faut gérer les chemins critiques plutôt que d’attendre les opportunités,
  •  lorsqu’on ne peut pas réduire les besoins de départ du projet.

    On doit alors essayer de mixer du coopératif et du traditionnel… ou choisir une approche entièrement traditionnelle si mixer n’est pas possible.

    NB : on peut plus souvent qu’on ne le croit transformer l’environnement du projet (besoins de départ, caractère de rareté ou d’abondance, délais, précision des objectifs).


    Documents de pilotage pour suivre la vie du groupe et du projet

    (Voir aussi www.cornu.eu.org/news/4-5-la-coordination).

    Il est très utile de tenir à jour des documents de pilotage du groupe. On pourrait se dire qu’il faut d’une part avoir des documents réservés au coordinateur et, d’autre part, des documents publics pour le groupe et même l’extérieur du groupe. En réalité, les documents de pilotage peuvent tous être publics (mais le coordinateur du projet doit en conserver la maîtrise et les actualiser régulièrement).

    Les documents utiles (que l’on peut rassembler sous le vocable CHAPARO) sont :

  •  la charte : document court définit quelques principes de fonctionnement de la communauté et l’objectif général du projet,
  •  l’historique, qui ne reflète que les contributions positives. C’est un document capital pour la reconnaissance de chaque contributeur. Retirer quelqu’un de l’historique est la pire chose que l’on puisse faire,
  •  l’annuaire, qui peut inclure les compétences des contributeurs (plus que leurs titres),
  •  le plan d’action, qui permet au coordinateur de suivre l’avancement des travaux. Il présente au besoin la décomposition du projet en sous-projets,
  •  la liste des résultats obtenus : ce document ne se focalise pas sur les contributions mais sur les résultats principaux obtenus collectivement. Cette liste permet au groupe de prendre conscience de ses résultats.
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    [1] Voir l’article Professionnels et amateurs enrichissent les archives municipales de Rennes.

    [2] Sauf dans les cas d’apparente collaboration. Prenons l’exemple du site Agoravox.fr, site de journalisme partagé. Ce n’est pas parce que des internautes mettent en ligne sur ce site, bénévolement, des articles sur l’actualité, qu’ils collaborent nécessairement. Chacun peut n’être intéressé que par ses propres articles et pas par ceux des autres.

    [3] Article Qu’est-ce qui différencie la collaboration de la coopération ? In Animation & Education, juillet-octobre 2005, n°187/188.

    [4] Voir l’article La Cathédrale et le bazar, sur www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/.

    [5] Ne serait-ce que la nécessité de produire des résultats dans un délai déterminé, pour répondre aux attentes de l’extérieur.

    [6] www.cornu.eu.org/news/4-3-definir-les-regles-du-jeu.

    [7] www.cornu.eu.org/news/4-3-definir-les-regles-du-jeu.

    Mis en ligne le dimanche 4 mars 2007



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