Sur le même sujet
Le journaliste-essayiste Thierry Crouzet [2] est intervenu lors du stage "Projet coopératif et travail collaboratif, comment faire ?", qui a rassemblé une petite vingtaine de personnes du 7 au 10 juillet 2008 au Centre d’Education populaire et de sport (Creps) de Boulouris [3].

Les échanges entre les participants du stage et Thierry ont suivi des exercices de théâtre-forum qui mettaient en évidence des situations - imaginées par le groupe - de blocages de projets dus à une non-coopération des acteurs.
L’intervention de Thierry arrivait donc bien à propos ! Son éclairage est venu illustrer pourquoi il fallait dans nos organisations remplacer nos fonctionnements "hiérarchiques traditionnels" par des modes de coopération plus… collaboratifs.
Pourquoi donc ? Pour plusieurs raisons :
les relations humaines fonctionnent déjà en réseau, que ce soit dans le cadre professionnel ou extra-professionnel. La structure hiérarchique de nos entreprises, administrations, associations, partis politiques, etc. ne reflète pas la structure en réseau des relations sociales. La connexion à d’autres personnes donne aujourd’hui plus de pouvoir que la position hiérarchique,
Le collaboratif est même le mode de travail de la nature, a expliqué Thierry. En quoi cela consiste-t-il ? A essayer, voir ce qui marche et l’adopter. On ne fait plus de cahier des charges – on essaie et on discute pour avancer plus loin. Ce n’est pas l’anarchie car il y a des règles. D’où viennent-elles, comment trouver des règles fécondes ? Là aussi, pas de recette. On ne peut qu’essayer des règles et les améliorer si elles ne marchent pas,
les gens ne se laissent plus diriger comme avant. Pour mettre en mouvement une personne, il faut lui laisser une marge de manoeuvre, de liberté et d’autonomie,
le collaboratif est mieux à même de gérer la complexité [4]. La conception de produits ultra sophistiqués comme Windows Vista ou les avions gros porteurs a montré que l’application de méthodes strictement hiérarchiques conduisait à des retards de livraison ou à des blocages importants.
Pour collaborer, il faut des outils et un leader qui donne la direction. Distinguons le leader (qui n’a pas forcément la solution, mais a la vision et l’énergie) du manager (qui a la solution). Les managers ne font pas de bons leaders d’un travail collaboratif.
Des exemples de collaboratif appliqué à l’entreprise et à la production ? Toutes les entreprises qui travaillent dans Internet et y réussissent ; l’entreprise Favi, qui décrit en ligne ses méthodes : http://www.favi.com/accueil.php ?msg=manag. Les titres des chapitres du "Management Favi" ne suscitent-ils pas une forte envie d’en savoir plus ?
[1] Voir l’article Professionnels et amateurs enrichissent les archives municipales de Rennes. [2] http://blog.tcrouzet.com/. [3] Sous l’égide de l’Injep et des Creps d’Ajaccio et de Chatenay-Malabry, avec le soutien de la Direction Régionale Jeunesse & Sports de Poitiers (voir l’article Travailler le thème de la coopération à Boulouris en juillet, quel enfer !). [4] Qu’est-ce que la complexité ? On pourrait dire que c’est l’état d’un système dont l’ensemble est plus grand que la somme des parties.
Mis en ligne le mercredi 13 août 2008
- Nouveaux sites : CRIJ Provence Alpes et DDJS de la Loire
- Nom de code : Wikipédia 1.0
- La technique comme prétexte à une réflexion sur un renouvellement de la démocratie et de la pratique militante
- Les CEMEA, les logiciels libres et AbulEdu
- Installer SPIP en local avec EasyPhp