Le 14 mai dernier, c’était ma première fois sur le site Second life, au sein d’un groupe de professionnels de l’information jeunesse guidé par Christian Bensi et Thierry Boy (voir En mai, visite guidée de Second Life). Si j’ai depuis un peu oublié l’itinéraire que nous avons suivi, restent des images, des impressions et des réflexions que voici.Sur le même sujet
Le principe était le suivant : Christian Bensi (en virtualité Kik Basevi) proposait au groupe de visiter différents lieux, laissant à chacun, à chaque étape, un certain temps pour faire sa propre découverte. Le fait que nous soyons rattachés à un même groupe permettait à Christian, où que nous soyons (perdus), de nous adresser périodiquement à tous un message du genre : "Prêts à découvrir un autre lieu ? Alors, cliquez ici pour vous téléporter".
L’impression globale que je retire de cette première visite [1] est globalement : j’ai été bluffé par la prouesse technique que représente Second life, par la beauté des décors (euh, pardon… des "sims" - les simulations) et les possibilités offertes de personnaliser et faire vivre son personnage (euh… avatar). C’est un nouvel univers qui s’est ouvert à moi, plein de promesses en termes de loisirs, de création, de pratiques professionnelles, et plein de risques.









La découverte de cette première virée aura surtout été celle de cet univers aux trois dimensions sans limites, de la façon de s’y mouvoir (pouvoir voler et se téléporter, le rêve de toute ma vie ! Et les atterrissages ! Mort de rire !) et de faire s’exprimer son avatar. Pour une prochaine balade, sans doute, une découverte plus approfondie d’aspects de la vie sociale dans Second life. Quant à la découverte des applications pédagogiques, artistiques et culturelles possibles [2] dans Second life, il faudra au moins une (première) vie pour les expérimenter et les développer.
Si les potentialités sont si importantes sur Second life, c’est que les personnages que nous y rencontrons ne sont pas des personnages de jeu, mais des êtres humains (jusqu’à quand ?), que tout un chacun peut participer à la création de cet univers en y bâtissant une maison, des objets, un projet collectif, etc., et que tout cela produit un mélange fascinant de vrai et de faux, de sérieux et de toc, de possible et d’incroyable. Fascinant de par sa beauté graphique, sa dimension poétique (Ah, quand pourra-t-on voler ainsi dans ce monde ci ?) et son état de chantier permanent.
Qui dit fascination dit danger car risque de dépendance. Ce risque est particulièrement réel avec Second life car, comme l’explique le psychologue Thomas Gaon [3], la dépendance peut survenir lorsque l’on se plonge dans des "univers persistants".
Un autre risque est bien sûr est celui de l’exposition des mineurs à des scènes de sexe ou de violence, puisque, s’il existe un Second life pour les plus jeunes, pénétrer dans le Second life "pour adultes" semble aussi aisé pour un enfant de 10 ans que pour un adulte, et les frontières entre le Second life violent et commercial et le Second life sans danger ne sont pas hermétiques.
A l’énoncé de ces risques, on ne peut pour l’instant répondre qu’une chose : les scènes dangereuses que recèle Second life ne sont pas tellement pires que celles auxquelles le jeune public peut se trouver exposé dans la presse, à la télévision ou par l’intermédiaire d’un téléphone portable.
Face à un Second life plein de promesses comme plein de dangers, une réponse peut être celle du contrôle, de la sécurisation par des dispositifs techniques, de l’interdiction. Mais il vaut mieux une mise en garde que l’on comprend qu’une interdiction que l’on peut toujours contourner.
L’enjeu Second life pour les éducateurs et les parents est donc celui de l’appropriation de ce nouveau média, de l’éducation, de la création et de l’imagination permanente de nouveaux usages et de nouveaux contenus éducatifs et séduisants.
Second life est le monde où l’imagination prend forme. Alors, éducateurs de tous les pays, imaginons autant sur Second life que les commerciaux de tous les pays :-)
Quelques liens :
[1] J’ai réussi à ne pas y retourner depuis ! Ca fait 16 jours que je tiens ;-) [2] Exemple d’une citation prise au hasard : "Un informaticien [de la bibliothèque nationale de médecine aux Etat-Unis], M. Victor Cid, a déclaré à ce propos : « Second Life et de nombreux autres logiciels semblables jouissent d’une popularité croissante, et nous estimons qu’il est très important de commencer à envisager de s’en servir pour diffuser de l’information, pour atteindre diverses personnes et pour collaborer. »" (http://usinfo.state.gov). [3] Voir notre rubrique Jeux vidéo et en particulier l’article Des jeux violents aux jeux de formation, de l’addiction à la thérapie.
Mis en ligne le mercredi 30 mai 2007
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