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L’institut national de la Jeunesse et de l’Éducation populaire (Injep) est un établissement public du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports situé à Marly-le-Roi dans les Yvelines. A la fois centre de recherche, de publication et de formation pour les professionnels du secteur jeunesse (élus locaux, animateurs, fonctionnaires, cadres associatifs…) en France et dans d’autres pays, l’Injep abrite aussi un centre de développement des NTIC pour les professionnels, les jeunes et les associations. L’Injep ne met pas à disposition de ses usagers des environnements numériques de travail complets et permanents, mais plutôt des outils de formation et de travail collaboratif en ligne souples et modulables.
Depuis 2004, l’Injep accompagne en effet ses formations grâce aux nouvelles technologies. L’institut poursuit ainsi un triple objectif :
enrichir son offre traditionnelle de formation [1],
développer l’offre de formation en ligne dans le secteur de l’éducation non formelle,
expérimenter les nouvelles technologies en renouvelant les pratiques de l’éducation populaire.
Enrichir l’offre traditionnelle de formation
Avant leur arrivée à Marly-le-Roi, les stagiaires ont la faculté d’entrer dans la séquence de formation à laquelle ils vont participer en accédant en ligne à des contenus via des outils de travail collaboratif. Ils peuvent ainsi prendre connaissance d’informations pratiques, entrer en relation avec les formateurs et les autres stagiaires de leur groupe, partager des ressources et réfléchir en amont aux problématiques qu’ils travailleront ensemble.
Pendant la formation – en particulier lorsque celle-ci alterne avec des périodes de retour à l’activité professionnelle –, ces outils offrent un moyen privilégié de maintenir le lien à distance, de poursuivre un travail collectif et de mettre à la disposition du groupe de nouvelles ressources.
Après le stage, le lien peut se prolonger et c’est l’occasion de faire vivre un réseau d’échange et de partage.
Développer l’offre de formation en ligne
Que ce soit par l’intermédiaire de sa plateforme de formation en ligne (www.formation.injep.fr) ou depuis son site institutionnel www.injep.fr, l’Injep diffuse des contenus de formation en accès libre et gratuit : supports pédagogiques, fiches pratiques, portraits d’acteurs… et bientôt podcasts audio et vidéo. En 2007, c’est un ensemble de parcours de sensibilisation à la question de l’éducation populaire qui a été mis en ligne.
Expérimenter des nouvelles technologies et renouveler les pratiques de l’éducation populaire
Plateforme de formation en ligne, outil de travail collaboratif, liste de discussion, blog, wiki etc… Choisis en fonction des objectifs de chaque formation, des besoins exprimés par les formateurs et les stagiaires, ces outils ont la particularité d’être des logiciels libres. Pour l’Injep, ce choix est politique et pédagogique car en encourageant la construction collective et la diffusion réciproque des savoirs, il devient un outil de démocratisation des savoirs en parfaite concordance avec les idéaux humanistes des acteurs de l’éducation populaire.
A la différence de parcours diplômants en milieu scolaire ou universitaire ou encore dans la formation professionnelle, les formations proposées par l’Injep sont pour la plupart qualifiantes mais non diplômantes (l’Institut participe cependant à des parcours diplômants pilotés par des centres d’éducation populaire et de sports – les Creps – comme des brevets professionnels). Formateurs et apprenants se sentent de ce fait plus libres de s’investir ou non dans les NTIC. Cette absence de contrainte est une fragilité, et l’on constate qu’actuellement, seulement un quart des formateurs et apprenants de nos stages s’engagent réellement dans ces nouveaux usages. Mais elle est aussi une chance : elle oblige à repenser les parcours et les pédagogies, à concevoir un nouveau rôle du formateur, à mettre en œuvre une vraie complémentarité entre présentiel et relation à distance. Car, même si les effets de génération conduiront inévitablement à une banalisation croissante des apprentissages nomades dans les années qui viennent, ceux-ci sont encore l’apanage d’une génération "pionnière" [2] qui les adopte car elle y construit et y gagne des avancées en matière d’apprentissages.
L’enjeu est, pour l’Injep comme pour d’autres acteurs de l’éducation non formelle (fédérations d’éducation populaire, collectivités, associations…) de passer de cette phase pionnière, dans laquelle s’inventent des usages en rupture, à une phase "mutante", dans laquelle des cogénérationnaires modifient en conséquence leurs sensibilités, leurs pratiques et leurs goûts (avant que, enfin, les générations "suiveuses" généralisent plus tard ces nouveaux usages).
Plutôt que d’imposer l’usage des NTIC dans tous ses parcours de formation, l’Injep a donc choisi de miser sur la motivation de certains formateurs et apprenants "pionniers" (c’est d’eux qu’est d’ailleurs partie la demande initiale dans les années 2002-2003) et sur une complémentarité entre le présentiel et la distance, qui peut être différente pour chaque stage.
Les actions que nous avons entreprises jusqu’à présent pour développer des usages novateurs des NTIC dans des parcours de formation sont les suivantes :
un accompagnement pédagogique et technique des formateurs qui désirent enrichir leurs pratiques à l’aide des nouvelles technologies. Concrètement, cinq formations [3] – sur une vingtaine proposées à l’année par l’Injep – ont bénéficié en 2007 d’un accompagnement par les NTIC. Dans chaque cas, la place et le rôle des NTIC au sein du parcours ont été réfléchis avec les formateurs et cela s’est traduit par la mise en place d’outils et de pédagogies différents. Un stage a par exemple été préparé par un groupe de formateurs disséminés géographiquement à l’aide de vidéoconférences et d’échanges grâce à une liste de discussion et à un wiki permettant l’écriture collective. Les outils choisis pour accompagner ces cinq formations ont été divers : plate forme de formation en ligne www.formation.injep.fr, liste ou forum de discussion, chat (discussion en direct), wiki, blog [4]. Ils ont été utilisés en présentiel avec les stagiaires avant de l’être à distance. Leur caractéristique commune d’appartenir au monde des logiciels libres a facilité leur appropriation et a permis à certains stagiaires, après la formation, d’installer ces outils et de les utiliser dans leur environnement local,
la mise en ligne progressive de contenus en accès libre et sous licence libre [5], qui donne une visibilité à nos formations, sans, dans la plupart des cas, nuire aux inscriptions. Nous constatons en effet que la valeur ajoutée que les apprenants viennent chercher à l’Injep est dans l’accompagnement pédagogique et la mise en réseau, et non pas seulement dans les contenus délivrés. Concrètement, l’Institut passe commande à des concepteurs de contenus de formation, en prévoyant la possibilité de les diffuser sous licence libre sur ses sites. Ce partage des contenus contribue par ailleurs à créer un "environnement d’abondance" favorable au développement de nouveaux usages [6],
la diffusion de bonnes pratiques qui proviennent de l’institut ou d’autres acteurs de l’éducation non formelle. Par exemple, une journée d’échange de pratiques, préparée par un travail collaboratif à distance, a rassemblé le 9 mars 2006 à Marly une soixantaine de personnes. Les contributions rassemblées ont été éditées en ligne et sur papier (voir à www.injep.fr/Education-populaire-formation-a,1486.html). Cette journée a été le premier pas d’un travail en réseau qui, depuis, se poursuit par des partages de ressources, le montage de formations communes, etc.,
le développement d’une culture de l’écrit partagé, en proposant chaque mois aux formateurs des demi journées d’initiation aux blogs, aux wikis, aux logiciels de gestion facilitée de contenus de type Spip, ainsi que, plusieurs fois dans l’année, des formations à l’écriture Web ; tous ces modules sont gratuits et ouverts à tous publics,
des formations de formateurs sur le travail collaboratif. On constate en effet que pour que les usages des NTIC en formation évoluent, le rôle du tuteur-coordinateur est fondamentalVoir par exemple www.injep.fr/Cooperer-entre-formateurs-en.html. Des nouvelles pratiques de la coopération commencent à être formalisées et doivent être mises en œuvre dans les accompagnements à distance. En 2007 comme en 2008, l’Injep propose ainsi deux stages : "Nouveaux usages des TIC : créer, partager, accompagner" et "Projet coopératif et travail collaboratif, comment faire ?".
Le stage "Construire un site Spip de A à Z" que l’Injep propose chaque année entre septembre et décembre alterne une demi-douzaine de journées en présentiel à Marly-le-Roi et un accompagnement à distance sur une durée de trois mois. Il est un bon exemple d’un cercle vertueux entre partage de ressources et parcours de formation. Les contenus en sont accessibles librement sur le site www.generationcyb.net. Chaque année, formateurs et stagiaires les enrichissent et en produisent de nouveaux, qui sont pour la plupart mis en ligne sur ce même site sous licence Creative commons. Cela apporte à ce stage une bonne visibilité sur Internet, et il y a eu en 2007 plus de demandes d’inscription que de places disponibles.
Voir aussi les articles consacrés au travail coopératif et à la formation à distance sur les sites www.injep.fr, www.generationcyb.net et www.educ-pop.org.
Si vous êtes intéressé de participer à ces réflexions et expériences, contactez Dominique Diamand-Martin à diamandmartin@injep.fr ou Jean-Christophe Sarrot à sarrot@injep.fr.
[1] Voir le catalogue des formations, téléchargeable depuis www.injep.fr/-Formations-.html. [2] Nous faisons référence à l’approche générationnelle développée depuis une quinzaine d’années au sein du BIPE par Bernard PRÉEL, auteur du Choc des générations, Paris, La Découverte, 2000 et des Générations mutantes, Paris, La Découverte, 2005. [3] "Préparation au concours Conseiller d’Education Populaire et de Jeunesse", "Comment les usages des TIC peuvent-ils renouveler les pratiques d’éducation populaire ?", "Comment accompagner un projet coopératif", "Construire un site Spip de A à Z", "Formation à l’écriture et à la gestion éditoriale". [4] Logiciels libres utilisés : Ganesha, Spip, Xoops, Mediawiki. [5] Voir l’article "Publier ses cours sur le web, ça rapporte des stagiaires", dans la revue Injep en direct n°54, en ligne sur www.injep.fr. [6] Voir www.generationcyb.net/Pour-l-education-populaire-les,0879.
Mis en ligne le mercredi 21 novembre 2007
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