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Les genres journalistiques

Ecrire pour le Web (2)

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Cet article poursuit les réflexions sur la rédaction Web inaugurées par l’article Écrire pour être lu en s’intéressant aux différents genres journalistiques [1].

Pourquoi connaître les règles de base de l’écriture journalistique et les genres journalistiques ?

  •  parce que, si l’on est amené à écrire des articles, la connaissance de ces règles facilite le travail : on a par exemple moins besoin de se demander comment démarrer l’article si l’on respecte la règle des 5W,
    Mieux vaut se demander avant qu’après avoir écrit l’article si l’on a choisi le genre le plus adapté pour traiter le thème abordé. Les articles ratés le sont plus souvent parce l’auteur s’est trompé dans le choix du genre que parce qu’il sont mal écrits.
  •  pour avoir un regard critique lorsqu’on lit la presse. Connaître les modes de travail des journalistes permet de juger de la qualité d’un article. Un reportage ou une enquête se juge différemment, de même qu’un billet ne doit pas être lu comme une brève, un portrait comme une interview…

    Les genres journalistiques

    L’enquête est le genre roi. Elle part d’une hypothèse, d’une attitude, d’une révolte et se propose d’établir une démonstration grâce à un travail d’enquête approfondi.
    Pour mener l’enquête : la stratégie de l’escargot : les sources vont en s’élargissant, chacune vérifiant l’hypothèse émise par les sources précédentes. Une fois ma conviction acquise et les hypothèses confrontées, je fais le chemin inverse en interrogeant mes interlocuteurs sur la nouvelle hypothèse.
    Dans la rédaction de l’article, ne pas perdre de vue qu’on doit faire une démonstration que le lecteur doit pouvoir suivre pas à pas.

    Ensuite, les deux "grands genres" :

  •  l’interview.
    Une personne s’exprime sur un sujet. L’objet de l’interview est de révéler une information, d’expliquer/analyser un propos, de commenter une information par l’intermédiaire de l’interviewé.
    Il est souhaitable de savoir avant l’interview ce que l’on cherche à obtenir : une info, le commentaire sur une info, une analyse… ?
    Ce genre ne demande pas forcément de savoir bien écrire, mais plutôt de savoir retranscrire. Il faut pouvoir équilibrer questions ouvertes et fermées sur le sujet. Il faut réécrire un peu, hiérarchiser l’information, si possible trouver un angle.
    Des erreurs à éviter :
  •  ne pas préparer l’interview. Plus on a d’infos en venant, plus on en aura en repartant,
  •  ne pas se laisser impressionner !
  •  se laisser embarquer par le discours de l’interviewé,
  •  préparer trop peu ou trop de questions. C’est sans doute bien d’en avoir 3 ou 4 puis de construire les autres au fur et à mesure de l’échange,
  •  on n’est pas obligé de retranscrire ses questions dans l’article, surtout si elles n’apportent pas d’information nouvelle en tant que telles. Mieux vaut parfois créer des intertitres avec des phrases fortes de l’interviewé,
  •  ne pas retranscrire fidèlement les propos de l’interviewé. Il faut bien sûr rester fidèle aux propos entendus, mais aussi faire en sorte que la personne interviewée se dise "c’est pas exactement ce que j’ai dit, mais c’est ce que j’aurais dit si j’avais été très bon". On peut aussi rassembler les propos dans une autre succession que celle qu’a suivie l’interview,
    Faut-il faire relire par la personne ? Cela dépend de ce que l’on a négocié avec elle avant l’interview.
  •  le portrait (et ses sous-genres : la biographie, la nécrologie).
    c’est une façon de donner un supplément d’âme à une information. Le portrait peut ainsi permettre d’aborder un sujet de société. On met en oeuvre les techniques du reportage pour mettre en scène le sujet. C’est la personne qui est le centre de l’article. Cela demande de la rencontrer, de rencontrer aussi son entourage.

    Comment choisir entre le portrait et l’interview ?
    On ne sait pas toujours comment choisir entre les deux. Les deux reposent sur la rencontre d’une personne. C’est dommage de réaliser une interview lorsque la personne est plus forte, originale et impressionnante que son propos. Le portrait est alors plus adapté.

    Le reportage
    Cette technique d’écriture date de la guerre de Sécession aux Etats-Unis (milieu des années 1860). C’est une tranche de vie : faire voir, sentir, sans expliquer. Le lecteur va se faire lui-même un avis en lisant l’article. C’est comme si l’on débarquait avec une caméra ou un magnétophone, sauf que le stylo et le bloc-note créent une autre relation, permettent de prendre plus le temps.
    On a connu l’époque du "reportage orienté" avec Albert Londres, où le reporter s’impliquait dans son propos pour dénoncer le bagne, les prisons de femmes, le sort des pêcheurs de perles, etc. Depuis, l’école américaine s’est imposée : le journaliste ne commente pas ce qu’il décrit. Il utilise un minimum d’adjectifs.

    Le compte-rendu
    Même neutralité du journaliste.

    La tribune
    Le journaliste donne la parole à quelqu’un de l’extérieur pour qu’il exprime une opinion, une analyse.

    L’analyse
    Sert à décrypter l’information donnée dans un article connexe. Les lecteurs apprécient les analyses placées en marge des interviews, reportages, etc.

    La brève
    Elle ne contient que le "lead" (c’est-à-dire l’attaque et les 5W - voir l’article précité).

    Le billet
    … à la Jean-Pierre Coffe : "Y’en a marre…"

    La critique
    C’est un genre peu journalistique car il fait appel à du subjectif : on dit ce qu’on pense d’un livre, d’un film…

    L’édito
    Là encore, du subjectif, qui donne la tonalité de la publication. C’est l’opinion du rédacteur en chef qui engage sa structure.

    La mouture
    C’est une brève qui développe le pourquoi et le comment.

    règles communes à tous ces genres

    Comme cela est détaillé dans l’article cité plus haut :

  •  les 5 W + attaque ou accroche ou hameçon psychologique (facultatif) = le lead,
  •  ensuite, on développe avec un plan en pyramide inversée : du plus au moins important (surtout pas de plan avec thèse antithèse synthèse !),
  •  la chute (facultatif) : dernière phrase fermer la porte ouvrir une fenêtre,
  •  concevoir une titraille lisible : surtitre, titre, soustitre, chapô (qui doit résumer), relance (normalement, reprise texto du texte, avec guillemets). La titraille est créée dans un second temps : on commence par rédiger l’article, on fait la titraille après.

    [1] Il est le compte-rendu - imparfait - de formations données à l’Injep par Roch Sonnet en janvier et février 2006.

    Mis en ligne le jeudi 16 février 2006



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    Dernier ajout : lundi 14 juillet 2008 | 744 articles sur ce site.
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