Nous sommes le premier septembre.
Il est des jours que j’aime bien, et celui-ci en fait partie. Les jours de septembre se font encore beaux et j’adore, quand je me lève, regarder ma couette inondée de lumière verte, dûe aux vitraux de ma chambre.
Le vert, c’est ma couleur.
Ca tombe plutôt bien, par ailleurs. C’est également la couleur du blason de ma famille, et de ma maison, à Poudlard, mais ça, j’en parlerai sûrement plus longtemps, plus tard, donc, passons.
Lorsque je me lève, j’accomplis toujours le même rituel. je me recroqueville dans mon lit, puis, d’une catapulte des pieds, je propulse ma couette par terre. Il faut viser juste pour ne pas toucher le miroir, mais tirer tout de même suffisamment loin pour qu’elle ne retombe pas sur le lit
Du doigté, quoi.
Si la couette se met pile là ou j’ai envie qu’elle aille, je marque le premier point de la journée.
(Extrait d’une fanfic en ligne sur www.fanfic-fr.net).
Alternative au journal intime, la fanfiction ("fanfic") fascine un nombre croissant d’adolescents, certains y consacrant plusieurs heures chaque jour et étant l’auteur de plusieurs fanfics en même temps [1].
Voici quelques adresses de sites de fanfics ou accueillant et répertoriant des fanfics :
www.fanfic-fr.net (on y trouve aussi des conseils d’écriture),
http://francofanfic.com,
http://fanfic.theforce.net, des fanfics (en anglais) inspirées de Stars War,
www.fanfiction.net (en anglais),
…
Ce phénomène n’est pas nouveau [2], mais Internet lui donne une ampleur nouvelle. L’auteur de fanfic "moyen" est une adolescente qui aime la lecture et la télévision.
On observe parfois autour des fanfics des phénomènes de création collective [3] : des fans d’une fanfic demandent à l’auteur de continuer l’histoire en lui proposant des idées ; des fanfics sont écrites à plusieurs mains, chaque auteur rédigeant un chapitre, etc.
On observe également que les fanfics diversifie peu à peu ses modes d’expression, en créant des clips vidéos, des jeux vidéos…
C’est envisager un rapport intéressant aux oeuvres et aux héros : ils n’appartiennent pas qu’à leurs concepteurs, mais aussi à leur public, qui les considérent comme des ressources pour stimuler sa propre imagination. Cela amène à porter sur les feuilletons et scénarios un regard de curieux et de critique, un regard plus créatif qu’uniquement consumériste.
D’ailleurs, ces fans de télévision la regardent moins que l’ensemble de la population, selon Henry Jenkins - chercheur au Massachussets Institute of Technology, qui les étudie depuis vingt ans [4].
En tant qu’animateur multimédia dans un Point Cyb ou un autre lieu d’accès public à Internet, il est intéressant de découvrir ce mode de création, pour s’en inspirer éventuellement dans des ateliers d’écriture ou de création multimédia.
[1] Cf. article de Bruno Masi dans le quotidien Libération du 28 octobre 2005 [2] On fait d’ordinaire remonter les fanfics aux séries Star Trek et Des Agents très spéciaux, dans les années 1960. Elles sont alors imprimées dans des revues à tirage limité. Si l’on explore le champ littéraire, on en trouve des exemples bien plus anciens. [3] Avec des formes propres aux séries télévisées qui se greffent sur ce nouvel art : certaines fanfics se conçoivent par "saisons", comme leurs modèles du petit écran. [4] Lire son interview dans Libération du 28 octobre 2005.
Mis en ligne le vendredi 25 novembre 2005