Quel équipement ? Que font-ils ? Comment jugent-ils et envisagent-ils l’évolution des services numériques universitaires ?
Ce sont les questions qui ont sous-tendu l’enquête menée par l’Observatoire des usages du numérique de la Direction des Systèmes d’Information de Grenoble Universités en décembre 2006 et dont vous pouvez retrouver ici la synthèse.
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Une enquête s’est déroulée durant le premier semestre de l’année universitaire 2006-2007 sous la forme d’un questionnaire. L’objectif était de dresser un portrait des étudiants grenoblois de première et quatrième années du point de vue de leur équipement informatique, de leurs pratiques associées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, de déterminer les liens possibles entre ces pratiques développées dans le cadre du travail étudiant ou pas et de leur perception de l’offre proposée par les universités.
L’enquête était facultative et anonyme. Les étudiants remplissaient le formulaire sous forme papier sur leur lieu de cours ou en ligne sur le site de leur université.
44% des étudiants ciblés ont pris le temps de remplir et rendre leurs réponses, ce qui fait 1108 réponses sur un échantillon initial de 2500. Les résultats obtenus sont fortement dépendants des caractéristiques de notre échantillon et notamment de la prépondérance des étudiants de certaines filières au détriment d’autres filières. Ceci dit, la taille importante de notre échantillon permet tout de même d’assurer que nos résultats apportent un éclairage substantiel sur les relations entre les étudiants grenoblois, l’Internet et les services numériques universitaires. De plus, leur comparaison avec ceux obtenus dans le cadre d’autres études (par exemple Hadji, Fernex et Lima, 2003) indique leur consistance avec des résultats précédents. On peut aussi y lire en filigrane, à travers les différences qui apparaissent selon l’université d’appartenance des étudiants, quelques informations sur la politique d’intégration des services numériques au processus d’enseignement et aux relations entre les étudiants et les services administratifs universitaires.
Des étudiants équipés mais demandeurs de plus de postes en libre service
Quelle que soit l’université ou la discipline, il apparaît que l’ordinateur, comme la clé USB, est devenu un des outils partagé par l’ensemble des étudiants. On peut alors s’interroger sur les motivations qui poussent les étudiants à demander une augmentation des postes informatiques mis à leur disposition sur les sites universitaires. Ces motivations semblent être liées d’une part à l’accès Internet qui leur est offert, puisque plus de la moitié des étudiants ayant un logement étudiant ne dispose pas d’accès Internet personnel et, d’autre part, à la possibilité de travailler sur informatique immédiatement, en groupe et avec des logiciels spécialisés.
En effet, 40% des étudiants ne disposent pas d’ordinateur portable, ils doivent donc utiliser les salles libre service s’ils veulent travailler, seul ou en groupe, pendant leurs périodes de présence sur les sites universitaires. De même, bien qu’ils utilisent rarement des logiciels spécifiques, le traitement de texte est le logiciel le plus utilisé, lorsqu’ils le font, on peut penser que c’est essentiellement dans les salles libre service qui en sont équipées.
On peut alors faire l’hypothèse que la formation des étudiants, en particulier ceux de M1, à l’utilisation de logiciels libres spécialisés dont ils pourraient disposer à domicile, pourrait être une façon de diminuer la pression sur l’occupation des salles libre service. Il en va de même de l’information sur les suites bureautiques libres puisqu’une part importante des étudiants semble totalement méconnaître les possibilités offertes dans ce domaine.
Messagerie de l’université encore peu utilisée mais des habitudes de communication se prennent
Il semble que l’on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de fournir une adresse de messagerie universitaire à chaque étudiant.
En effet, plus de 70% des étudiants disposent d’au moins deux adresses de messagerie. L’adresse universitaire semble peu utilisée et être réservée à la communication avec l’université et les enseignants. Si les étudiants semblent avoir des contacts par courriel assez fréquents avec leurs enseignants, ils ont encore peu de contacts électroniques avec les services scolarité.
De plus, il apparaît que les étudiants sont demandeurs de moyens de diffusion plus rapides et directs des informations, tel que le SMS, lorsqu’il s’agit de leurs relations avec l’université, en particulier avec les services de scolarité.
Usages professionnels ponctuels, usages privés quotidiens
Les résultats obtenus, conformément à ceux d’enquêtes précédentes, montrent que les usages les plus fréquents d’Internet puisqu’ils sont quasi-quotidiens chez les étudiants sont en lien avec les usages privés ou de loisirs comme l’utilisation des messageries instantanées, l’utilisation des moteurs de recherche et du courriel.
Les usages universitaires de l’Internet sont plus ponctuels. La modalité la plus caractéristique est « une fois par mois ». Il s’agit tout d’abord de l’accès aux documents électroniques fournis par l’université puis de l’accès aux informations relatives à la vie universitaire. Une question portant spécifiquement sur l’utilisation d’Internet pendant les études permet de consolider cette première approche en indiquant que les étudiants utilisent l’Internet plusieurs fois par semaine dans le cadre de leur travail étudiant, sans toutefois que cela soit lié à une demande spécifique d’un enseignant en général.
Les résultats indiquent cependant que les usages de communication avec les autres acteurs de l’institution universitaires sont peu développés. Si les étudiants semblent avoir des contacts par courriel assez fréquents avec leurs enseignants, ils collaborent rarement par Internet avec d’autres étudiants et ont encore peu de contacts électroniques avec les services scolarité.
Des services attendus à l’université
Ce que les étudiants attendent en priorité c’est un accès aux informations qui concernent leur métier d’étudiant (emploi du temps, notes, absences). Cette attente peut en partie expliquer pourquoi l’Environnement Numérique de Travail est pour les étudiants le service le plus incontournable des services numériques fournis par leur université. Viennent ensuite les possibilités d’améliorer leurs conditions de travail avec d’une part un accès plus facile aux ordinateurs en libre service et d’autre part la mise à disposition de contenus de cours soit sous forme de cours à distance soit par la possibilité de consulter des documents et des cours mis en ligne.
Toutefois, les étudiants interrogés ne souhaitent pas qu’une majorité des cours ait lieu à distance. Il semble que les étudiants perçoivent les cours à distance comme un complément aux cours traditionnels pas comme un substitut.
En conclusion
Certaines évolutions tendent à montrer un ancrage croissant de l’Internet dans le métier d’étudiant. Mais nos résultats indiquent de fortes variations de l’utilisation d’Internet selon l’université, peu développée au sein de l’UPMF, elle semble plus fréquente à l’INPG ou à l’Université Stendhal et selon le niveau d’étude, les étudiants de première année et ceux d’IUT utilisent moins l’Internet que les étudiants de master.
Mis en ligne le jeudi 17 janvier 2008