Charte de Médias-cité :
Le développement accéléré des nouvelles technologies de l’information et de la communication pose des enjeux majeurs tant culturels, politiques que sociaux.
Ces technologies ne peuvent être assimilées à des technologies parmi d’autres. Car elles interviennent partout où les hommes manipulent et échangent des signes (textes, images, sons, données). Elles concernent tous les hommes dans tous les actes de la vie. Elles sont amenées à bouleverser les manières de vivre ensemble, de s’organiser, de faire. C’est une mutation en profondeur qui s’opère et qui affecte les processus identitaires ainsi que notre compréhension du monde et de nos sociétés.
Actuellement imposées par le haut et dominées par des intérêts exclusivement commerciaux, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, ne peuvent réussir à elles seules à créer du lien social, bien au contraire.
C’est au citoyen de reprendre l’initiative et de générer une véritable innovation des usages afin qu’elles suscitent de nouvelles créativités, renforcent le lien social, et favorisent des modes d’intelligence collective.
C’est l’urgence d’un débat politique face au discours de fatalité technologique et économique. L’enjeu principal est de permettre aux citoyens de devenir, non pas seulement des utilisateurs passifs potentiels (consommateurs) mais surtout des acteurs investis dans la conception et la définition des contenus et des usages. En Aquitaine, les opérateurs culturels, éducatifs et d’éducation populaire en liaison avec les pouvoirs publics décentralisés et nationaux ont une forte responsabilité dans la gestion de ces enjeux. C’est pourquoi ils décident par la présente charte d’agir en commun, en liaison étroite avec les représentations politiques responsables et légitimes, sur le terrain des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de développer une réflexion collective et de mutualiser leurs moyens humains et matériels, en fondant et s’investissant dans MEDIAS-CITE, association loi 1901. MEDIAS-CITE doit agir dans le sens de la démocratisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication et de leurs usages sur la base d’une équitable répartition territoriale (milieux ruraux, urbains et peri-urbains).
MEDIAS-CITE doit constituer et animer un véritable réseau participatif, d’échange et de solidarité.
MEDIAS-CITE doit permettre le décloisonnement des opérateurs culturels, éducatifs et d’éducation populaire et le rassemblement de leurs énergies.
MEDIAS-CITE doit faciliter la créativité dans les usages et les contenus des nouvelles technologies de l’information et de la communication au bénéfice du plus grand nombre de citoyens.
MEDIAS-CITE doit coordonner et mettre à jour les initiatives éparses afin de les rendre productives pour le plus grand nombre de citoyens.
MEDIAS-CITE doit affirmer une éthique définie autour des principes de tolérance, de développement d’une citoyenneté active et responsable, et du refus des exclusions sociales, économiques, raciales et religieuses.
Source : www.medias-cite.org/article.php3 ?id_article=63
Extraits de la charte de CRéATIF (www.creatif-public.net/rubrique4.html) :
CRéATIF, qui s’appuie sur une pluralité de dispositifs d’accès publics, de démarches et de territoires, favorise l’appropriation sociale et citoyenne des technologies de l’information par :
l’échange des pratiques et le travail en réseau des animateurs et des responsables,
le soutien et la diffusion des réalisations et des projets,
l’observation et l’évaluation des usages,
l’encouragement d’une participation active de la population.
CRéATIF s’inscrit dans une démarche de développement local :
des usages sociaux, culturels et éducatifs,
des capacités d’expression et de création des populations qui favorise l’accès au droit et à l’emploi avec le souci de réduire les inégalités d’accès et la volonté de lutter contre les risques de nouvelles exclusions liées aux TIC.
Pourquoi s’occuper de l’accès public ?
Les technologies de l’information et de la communication sont devenues un élément essentiel du développement économique, de l’accès à la culture, aux savoirs et aux droits. Les réseaux peuvent être porteurs de lien social, de créativité, d’échanges, d’autonomie où chacun devient acteur. Mais l’accès à ces outils et médias reste fortement inégal.
La culture d’internet, culture de l’innovation, de la création, laisse de côté de larges fractions de la population. L’isolement social ou géographique, un faible revenu, le travail précaire, l’absence d’emploi doivent être pris en compte pour une réelle appropriation citoyenne qui favorise l’usage et l’expression de chacun.
Mis en ligne le vendredi 14 mars 2008