Sachez (si vous ne le savez pas encore) qu’une enquête a été réalisée par le CREDOC [1] en octobre 2005 sur le thème "La diffusion des technologies de l’information dans la société française". Elle est en ligne à l’adresse www.art-telecom.fr/publications/etudes/et-credoc2005.pdf ou à www.arcep.fr/publications/etudes/et-credoc2005.pdf.
On peut lire en complément le rapport "La dynamique des inégalités en matière de nouvelles technologies" (CREDOC, novembre 2005), accessible en ligne à www.credoc.fr/pdf/Rech/C217.pdf.
Car, comme le souligne le CREDOC, si les statistiques globales sont impressionnantes (taux de connection, évolution des usages…), la réduction de la fracture numérique française ne progresse que lentement.
Extraits :
Des inégalités importantes de différents ordres sont toujours constatées :
On trouve 12% seulement d’internautes parmi les non-diplômés et 85% parmi les
diplômés du supérieur,
Le taux atteint 91% chez les cadres supérieurs, contre seulement 44% chez les ouvriers,
30% chez les femmes au foyer et 13% chez les retraités,
On relève 81% d’internautes chez les personnes disposant de revenus supérieurs à 3 100
euros mensuels, contre 37% chez les bas revenus.
Seules les inégalités selon le lieu de résidence semblent plus atténuées : on observe 44-47% d’internautes dans les villes de moins de 100 000 habitants, contre 57-63% dans les plus grandes agglomérations.
Les non-internautes se composent, à 76%, d’individus ayant plus de 40 ans ; 82% n’ont pas le Bac et 76% disposent de revenus mensuels inférieurs à 2 300 euros dans leur foyer.
Au niveau technique, les progrès sont impressionnants : depuis cinq ans,
le parc informatique des particuliers est de plus en plus
souvent relié à Internet : en 2000, 41% des ordinateurs
étaient connectés à la Toile ; aujourd’hui, près des trois
quarts le sont (73% exactement).
Le phénomène marquant de l’année 2005 est la très forte
croissance des connexions à haut débit : 75% des
abonnements sont en effet à grande vitesse et à grande
capacité ; la proportion n’était que de 55% l’an dernier.
Cette année, les connexions ADSL se sont surtout multipliées dans les petites communes : la proportion de personnes disposant d’une connexion à haut débit dans les communes rurales est ainsi passée de 24% à 60% en un an, au sein de la population disposant d’Internet (+36 points, contre +12 points à Paris et dans son agglomération).
L’informatique domestique se développe à un rythme assez soutenu, l’accès à Internet dans l’univers professionnel, scolaire et universitaire marque une pause en 2005.
Aperçu sur les usages
L’ordinateur et Internet changent petit à petit les habitudes, si bien qu’aujourd’hui, seule une minorité de la population considère que ces outils ne sont pas utiles dans la vie de tous les jours.
L’ordinateur à domicile sert à la fois à travailler (pour 53% des personnes équipées d’un ordinateur à domicile), mais également à se divertir : 57% jouent à des jeux vidéos - et pas seulement les enfants. 52% retouchent, impriment ou archivent leurs photos numériques (cette pratique est en plein essor : +9 points cette année).
Parmi les personnes équipées d’une connexion à Internet, 93% s’en servent pour rechercher des informations, 82% pour envoyer des mails, 39% pour télécharger des films, de la musique ou des logiciels, 32% fréquentent des forums de discussion et 8% utilisent leur ordinateur pour téléphoner.
Mais ce n’est pas tout : 40% des internautes ont accompli des démarches administratives ou fiscales par Internet au cours des douze derniers mois. Rapporté à l’ensemble de la population, ce sont donc environ 11 millions de personnes qui ont fréquenté l’an dernier les services de l’administration électronique.
Par ailleurs, plus d’un actif sur quatre ayant accès à Internet a pu suivre des formations en ligne (voir ci-dessous) ; la proportion s’élève à 43% chez les internautes de 12-17 ans et à 56% chez les internautes étudiants.
Une chose est sûre, pour beaucoup, Internet n’est pas simplement un moyen de se divertir, il fait partie de la vie quotidienne.
Les connections dans les lieux publics
Voici les modes de connexion des internautes en 2005 :Se connecte à Internet à son domicile 37%
Se connecte à Internet sur son lieu de travail ou d’étude 25%
S’est connecté à Internet, ces 12 derniers mois, dans les cyber-cafés, bibliothèques 18%
S’est connecté à Internet, ces 12 derniers mois, dans les lieux publics à l’aide de
son ordinateur portable 2%
S’est connecté à Internet, ces 12 derniers mois, via son téléphone mobile 8%
11% des personnes (internautes et non internautes) de 12 ans et plus se sont connectées dans un lieu public au cours des douze derniers mois (dans un cyber-café, dans une bibliothèque, un bureau de Poste, etc.). Cette proportion est loin d’être négligeable car, rapportée à l’ensemble de la population, elle correspond à 5,5 millions de personnes en France.
Trois facteurs déterminent le taux de fréquentation des cyber-cafés et autres lieux où il est
possible de se connecter à Internet : l’âge, le niveau de diplôme et le lieu de résidence :
23-30% des moins de 25 ans ont navigué sur Internet dans un lieu public au cours des
douze derniers mois (la proportion n’est que de 7% parmi les 40-60 ans),
16-17% des bacheliers et des diplômés du supérieur disent s’être connectés, contre 10%
des titulaires d’un Bepc,
17% des habitants de l’agglomération parisienne utilisent ce mode d’accès à Internet,
contre seulement 7% des habitants des communes de moins de 2000 habitants.
Internet et formation à distance
16% de la population se sont, au cours des douze derniers mois, servis d’Internet pour se former : la proportion s’élève à 30% parmi l’ensemble des internautes, mais n’est que de 26% dans la population active connectée à Internet ; les scores les plus élevés s’observent en fait chez les adolescents (43%) et les étudiants (56%).
Ce n’est pas surprenant, l’utilisation d’Internet pour se former est une pratique inégalement répandue : la formation par Internet concerne principalement deux groupes assez distincts : les élèves/étudiants
(42% s’en sont servis, tous âges confondus) et les cadres supérieurs (42%).
En revanche, 98% des non-diplômés, 93% des ouvriers et 91% des 40-60 ans n’ont pas eu l’occasion de se former par Internet en 2005.
Notons que le rapport "La dynamique des inégalités en matière de nouvelles technologies" mentionne que deux sujets sont très consensuels pour l’ensemble de la population :
l’idée qu’Internet est utile pour accomplir des formalités administratives ou fiscales,
l’idée qu’Internet est utile pour suivre des formations.
[1] Centre de Recherche pour l’Etude et l ’Observation des Conditions de Vie ; www.credoc.fr.
Mis en ligne le dimanche 26 février 2006