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"La coopération est une partie intrinsèque de notre profession"

Rencontre avec Béatrice PRIEUR, responsable du développement social urbain à Brest

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GénérationCyb : Bonjour. Qui êtes-vous et pourquoi êtes-vous venue à Intercoop 2007 à Rennes ?

Béatrice Prieur : Je m’appelle Béatrice Prieur, responsable du développement social urbain sur l’agglomération brestoise et donc employée de la communauté urbaine de Brest. Je suis présidente de l’association Ville et développement, qui réunit les professionnels de la politique de la ville de Bretagne et des Pays de Loire. Au titre de cette association, nous participons à l’IRDSU, le réseau national des professionnels du développement social urbain.

Je suis là, au rassemblement Intercoop, en temps que professionnelle à Brest et intéressée par une compréhension plus fine de ce que l’on peut faire entre ces logiques de coopération Internet et le développement social, qui repose sur des logiques de coopération d’un autre type - de type éducation populaire. Je suis également ici au titre de l’IRDSU, qui peut être un des réseaux qui participe à Intercoop.

Mon travail correspond à la mission traditionnelle des professionnels de la politique de la ville, c’est-à-dire de mettre en oeuvre des contrats urbains de cohésion sociale, qui mobilisent à la fois des partenaires institutionnels nombreux et à un haut niveau - élus, conseil général, CAF… - et l’action à mettre en place dans des quartiers, avec des associations, des services, des habitants.

Nous sommes vraiment dans une logique de développement local et social, dans une logique d’accompagnement de projets, de construction de coopération, de collaboration, de mobilisation de ressources pour développer de l’action et de la richesse, de mobilisation des habitants, d’animation de tout un réseau d’acteurs locaux au service de ce projet-là.

Le milieu des professionnels de la politique de la ville coopère-t-il ou travaille-t-il de façon plus traditionnelle ?

C’est un milieu qui coopère énormément. Comme nous avons tous débuté il y a à peu près 15-20 ans, nous avons démarré sur un champ très neuf à l’époque, que l’on ne connaissait pas. Nous nous sommes construits en même temps, dans une position qui a été voulue spécifique et nouvelle par rapport aux institutions, puisque l’on était sur une logique de chef de projet avec un co-mandatement Etat-ville, dans une position d’interface, en frottement par rapport au système institutionnel classique, et c’était voulu pour arriver à introduire du changement.

Le fait que cette communauté professionnelle puisse se construire et échanger faisait partie des bases de l’existence de la politique elle-même. Nous avons pu bénéficier de formations au niveau national pour aider cette communauté à exister. Les réseaux de professionnels ont été incités par l’Etat à s’organiser pour produire de la capitalisation des expériences, une réflexion sur les diagnostics et objectifs de nos actions, sur les perspectives à se donner. Nous étions et sommes toujours attendus sur notre capacité à impulser du changement au service d’une plus grande cohésion sociale dans les villes. La coopération est une partie intrinsèque de notre profession.

Avez-vous été formés aux nouvelles approches de la coopération, au travail coopératif tel qu’on en parle pendant cette rencontre d’Intercoop 2007 à Rennes ?

C’est cela que j’essaie de comprendre. Nous sommes dans la coopération permanente. Lorsque l’on fait du développement, nous avons des outils de développement basés sur la connaissance de la ressource locale et sa mobilisation. Nous appelons cela animation de réseau, partenariat, mobilisation des habitants. Nous n’appelons pas cela coopération. Nous travaillons aussi avec des associations d’éducation populaire qui font également de la coopération, mais n’appellent pas cela ainsi.

J’ai envie de mieux comprendre ce qui est commun, ce qui est différent et comment l’on peut s’enrichir mutuellement. C’est pour cela que je suis là.

Vous avez un site Internet ?

Le réseau IRDSU a un site dont le point fort est un service qui lui a permis de gagner en visibilité : "SVP Ressources", un système de sollicitation en ligne entre nous, où celui qui fait la première demande s’engage à faire la synthèse des réponses reçues. Nous avons un permament qui aide à ce que cela se fasse et cela nous aide à collecter des choses. C’est un outil de coopération interne, mais que l’on a ouvert aux villes sous forme d’abonnement. On pourrait se demander pourquoi ne pas l’ouvrir à d’autres encore.

La coopération, c’est, pour nous, travailler vraiment sur le fond : qu’est-ce que le développement social, comment on travaille avec les habitants, comment on travaille sur la réussite éducative, c’est quoi les méthodes, les actions, la capitalisation des projets que l’on peut mener, etc. C’est là-dessus que le réseau apporte le plus de choses. Le développement, on ne peut pas le faire sans coopération, même si on ne l’appelle pas ainsi. Le développement social urbain et les nouvelles approches de la coopération sont deux mondes qui doivent se rencontrer. On va y arriver !


Mis en ligne le lundi 16 juillet 2007



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