generationcyb.net pointcyb lien vers les points cyb
Inscription à la lettre d'information | Fil infos rss 

 

Accueil > Accès public à Internet > Portraits

Interview : François MICUCCI


Version imprimable Version imprimable


La responsabilité des pouvoirs publics : éduquer aux NTIC

François (fmicucci@fd67.centres-sociaux.org) est depuis janvier 2000 le coordinateur du Réseau Citoyen multimédia, né à l’initiative de la ville de Strasbourg et de la Fédération des centres sociaux du Bas-Rhin [1]. Ce réseau rassemble aujourd’hui 25 structures proposant dans le département un accès public aux nouvelles technologies. "C’est l’exemple d’une volonté politique qui rencontre une volonté des habitants", dit-il, et c’est assez rare pour le souligner avec lui.

François est également chroniqueur BD pour un grand quotidien régional et… climatologue. Il a aussi trempé dans l’éducation populaire et a passé son DEFA. "L’un n’est jamais allé sans l’autre. En même temps que je me formais, je participais à des activités scientifiques avec des enfants et des jeunes, entre autre avec l’ANSTJ." Ce qui lui a plu dans la climatologie, c’est le brassage des disciplines qui l’accompagnent : physique, histoire, paléontologie… Un mélange des genres qu’il retrouve dans ses missions actuelles.

Le Réseau citoyen

Chacune des 25 structures qui le composent a délégué un de ses animateurs pour travailler en lien avec le réseau. Les quatre axes de travail sont actuellement :
- l’accès libre et l’initiation aux NTIC,
- les projets à développer à l’intérieur de chaque structure et avec des partenaires,
- les projets à développer par le réseau,
- le "back office" (évaluation, maintenance…).

Deux exemples de projets en cours de développement au sein du réseau :
- VDEQ (La Voix des Quartiers), un projet de journaux de quartiers, en lien avec le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace,
- EVEA (Espace de Valorisation de l’E-Administration), un projet d’espaces-relais pour l’administration électronique, mené en partenariat avec la préfecture, la CAF, les cyberbases de la Caisse des Dépôts et la ville de Strasbourg. Ce projet intéresse à la fois les usagers de l’administration, bien sûr, mais aussi les administrations (qui peuvent entre autre réaliser des économies de coûts) et les animateurs multimédias, qui voient leur rôle s’enrichir en s’impliquant davantage sur leur territoire. Dans le cadre d’EVEA, les webmestres des sites publics (par ex. de la CAF) forment les animateurs multimédias.

Le travail en réseau, un besoin vital pour les EPM

Le travail en réseau est si difficile, même entre espaces publics multimédia. Est-il indispensable ?
Oui. L’enjeu est triple : l’humain, le projet, le financement.

Pour avancer sur ces trois points-là, il faut communiquer et se mettre à plusieurs. Le problème est que l’on n’arrive jamais à avancer sur les différents points en même temps. Lorsque l’on a des projets, on est sans financements ; lorsqu’on trouve des financements, on manque de projets ou d’hommes…
Je suis optimiste, mais je dirais que c’est comme en climatologie : avec les EPM, on a l’impression que le temps ne s’écoule pas à une échelle humaine…

Les politiques politiques - nationales et locales - ont-elles un rôle important à jouer dans l’accès public aux NTIC, et quel serait-il ?

C’est le coeur du problème. On s’interroge souvent : aura-t-on toujours besoin d’EPM lorsque chaque famille sera équipée d’Internet ? Aujourd’hui, on constate que malgré tous les outils de recherche à notre disposition, on a toujours besoin du 12. Le rôle de l’accès public à Internet est double : renseigner et éduquer. Pour renseigner, informer, les EPM n’ont pas besoin de l’Etat. Mais il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’éduquer. Ils ont déjà échoué dans l’éducation à l’image et dans l’éducation aux transports. On en constate maintenant les conséquences (consommation effrénée d’images sans analyse critique ; quant aux transports : on prend sa voiture pour aller acheter une baguette au coin de la rue, et lorsque l’on veut utiliser des moyens "propres" pour se rendre à son travail" -par ex. le vélo -, on n’en est pas remboursé par son employeur).
Pour le multimédia, l’enjeu éducatif est le même, et les politiques publiques ont un rôle à jouer.

Faut-il davantage mettre sur la place publique un sujet tabou pour les EPM : la réflexion sur le modèle économique et sur la survie économique des EPM ?

Oui. On commence à en entendre parler, malheureusement plus au niveau des animateurs que des directeurs de structures, pour qui l’équilibre financier est le plus souvent synonyme de maintien des subventions. Mais on voit bien que ce raisonnement n’est plus viable. D’autre part, si la charte EPN impose la non lucrativité, cela ne signifie aucunement qu’il est interdit aux EPM de "vendre", des formations aux entreprises par exemple (à condition de ne pas faire de concurrence déloyale aux organismes de formation privés). Pour les usagers de l’EPM, cette mixité des publics (particuliers, entreprises) est un plus. Elle fait de l’EPM un lieu ouvert sur l’extérieur, un lieu de rencontre. Elle est aussi gage de qualité des initiations et formations proposées.
Pour les animateurs de l’EPN, cette mixité est aussi un enrichissement. Elle les pousse à ne pas faire que "socio-cu", ce qu’on entend tout de même un peu ici ou là.

A lire aussi : interview de François Micucci en 2000.


Propos recueillis par Jean-Christophe SARROT

[1] Depuis l’écriture de cet article, François a changé de mission (note de septembre 2005).

Mis en ligne le jeudi 5 juin 2003



Répondre à cet article

Contact | Plan du site | Espace privé
Dernier ajout : mercredi 22 juin 2011 | 816 articles sur ce site.

Generationcyb.net est motoris´ par Spip 1.9.2e associ´ a un squelette spip Rizom
Sauf indication, les articles sont mis a disposition sous un contrat Creative Commons
Ministere en charge de la jeunesse Institut national de la jeunesse et de l'education populaire Information jeunesse Centre d'information et de documentation jeunesse