La revue Hermès est publiée depuis 20 ans par le CNRS, à raison de 2 à 3 numéros par an. Elle est dirigée par Dominique Wolton et étudie la communication sous toutes ses coutures. Tous ses articles jusqu’en 2005 sont accessibles gratuitement en ligne. Le numéro 39 était consacré en 2004 à une "Critique de la raison numérique". Plusieurs articles de ce dossier rejoignent des thèmes intéressant les acteurs de l’accès public à Internet.Sur le même sujet
Les contributions de la première partie du numéro recherchent ce qu’il y a d’humain et de social dans les pratiques informatiques : croyance, confiance en soi, lien social, acteur collectif, etc.
La seconde partie s’intéresse à la façon dont des pratiques traditionnelles sont transférées en numérique, souvent sans prendre le temps de s’interroger sur ce que ces transferts supposent.
La troisième partie étudie le formatage de l’utilisateur. Les compétences qui lui sont demandées le conduisent à un respect des formats. Par exemple, lire une encyclopédie numérique suppose, au fil des éditions, de plus en plus d’expertise.
La quatrième partie indique des pistes pour résister et domestiquer le numérique. En maîtrisant la gestion du temps, en réfléchissant à comment guider la machine et non se laisser conduire par elle, etc.
Voici quelques contributions de ce dossier :
"Travailler ensemble à distance : une question de confiance", par Mikaël Gléonnec.
La réussite d’un travail à distance dépend en grande partie de la confiance qui s’instaure entre les participants, et donc des stratégies mises en place dans cet objectif. Une recherche réalisée dans des entreprises et des
centres de recherche de la Silicon Valley conforte ces hypothèses.
"Trouver sur Internet une réponse à une question", par Thierry Meyer et Carole Rodon.
Rechercher une information sur Internet nécessite des compétences. Cet article présente une échelle d’"auto-efficacité" à rechercher de l’information.
"Tic et pratiques collectives. Nouveaux liens, nouveaux outils", par Claude Henry.
En parallèle d’usages individuels, des usages collectifs non-marchands des nouvelles technologies sont apparus. Dans ce qu’on appelle
communément la « société civile » ou le « tiers-secteur », des groupes expérimentent des modes de relations dans lesquelles « le lien est plus fort que le bien », en faisant appel à des outils numériques.
Ces usages sont ici analysés, à la lumière de certains
courants sociologiques, notamment celui de « l’associationnisme », et certains principes de développement d’outils qui seraient mieux adaptés à ces
pratiques collectives sont suggérés.
"Les Tic dans une université. Offre homogène, résultats
contrastés", par Paul et Vivienne Light.
Un panorama d’une série d’études menées dans deux universités britanniques.
"Vulgarisation scientifique : les revues en ligne", par Mônica Macedo-Rouet et Jean-François Rouet.
La lecture des
documents en ligne entraîne des difficultés, telles que la désorientation, pour de nombreux lecteurs.
L’article évalue l’ergonomie de revues en ligne de vulgarisation scientifique. La plupart de ces revues offre une lisibilité médiocre. Les
lecteurs en ligne avaient une moindre compréhension du dossier que les lecteurs papiers. Quelques suggestions sont présentées pour améliorer la lisibilité des revues en ligne.
"La formation en ligne mieux
que l’enseignement classique… Un pari hasardeux", par Charles Crook.
Cet article analyse plusieurs expériences d’apprentissages en ligne en milieu universitaire.
"Encyclopédies en ligne : un modèle du lecteur électronique", par Brigitte Juanals.
Analyse de l’expérience d’édition en ligne de l’Encyclopaedia Universalis.
"Faciliter la consultation de textes
scientifiques. Nouvelles pratiques éditoriales…", par Valentine Roux.
Présentation de nouvelles pratiques éditoriales qui pourraient être une réponse à la crise des publications en sciences
humaines et sociales.
PS : notons également un article à lire : "Education populaire, une histoire française, de Geneviève Poujol.
Mis en ligne le mardi 14 octobre 2008