Avec un moteur de recherche sur Internet, on a l’impression que l’accès à l’information est plus direct et plus fiable. Plus direct, certes, mais plus fiable, cela reste à voir.
Apprendre à sélectionner l’information et à en produire soi-même, mieux identifier qui en génère et pourquoi, voilà le but de l’éducation à l’information.
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En pédagogie, l’approche "instructiviste" place l’apprenant dans la situation d’apprendre en écoutant. Cette approche fonctionne lorsque l’apprenant connaît l’émetteur d’information et a confiance en lui.
L’approche "constructiviste", propre à l’éducation populaire, propose à l’apprenant de se construire un savoir à partir de ressources qu’il gère lui-même.
C’est le but de l’éducation à l’information [1], dont l’importance est reconnue par tous sans pour autant que de réels moyens lui soient consacrés dans l’éducation et la formation.
De nouveaux outils de communication (blogs, wikis, podcasts…) ajoutés aux sites Internet "traditionnels" produisent aujourd’hui une masse d’informations de moins en moins hiérarchisées et identifiables par leurs émetteurs ou par leur niveau de validité. On peut devenir soi-même, en quelques clics, émetteur de contenus sur Internet.
Il serait pour autant réducteur et faux de ne se fier qu’aux sites Internet et médias les plus anciens ou les plus renommés, tant la connaissance produite par ces nouveaux médias peut être riche de contenus, elle aussi.
C’est pourquoi il est nécessaire de se construire ses propres outils et compétences de traitement de l’information.
Quelle qualité attribuer à des informations trouvées sur Internet ? Comment les recouper ? Comment identifier les producteurs d’information et leurs stratégies (qu’ils soient privés, publics ou individus) ? La "neutralité" existe t-elle ? Comment se construire sa propre liste de "sites références" ? etc.
Les "éducateurs à l’information" distinguent trois niveaux de compétences utiles au citoyen lorsqu’il se trouve face à un média (Internet ou média traditionnel) :
L’éducation à l’information mise en oeuvre dans les établissements scolaires et universitaires en France de même que dans les espaces publics d’accès à Internet se limite le plus souvent au premier niveau de compétences, allant parfois jusqu’au second.
Le manque d’éducation au troisième niveau de compétences n’est pas seulement dû aux formateurs.
La faible légitimité de l’éducation à l’information et le peu de temps qui lui est consacré par rapport à d’autres domaines de formation est également à mettre en cause.
On constate par ailleurs que les ressources disponibles sur Internet concernant l’éducation à l’information sont rares ou difficiles à trouver.
Des pratiques et des ressources restent à partager et diffuser, en particulier au sein des espaces publics numériques, pour permettre une meilleure compréhension des mécanismes de production et circulation des informations de tous types dans notre société, et des enjeux politiques, culturels, économiques et civiques qui leur sont liés.
"Ainsi le modèle du « chercheur d’information » à partir de sources assez stables et d’outils en nombre limité s’avère trop restrictif" relève ainsi l’article http://urfistinfo.blogs.com/urfist_info/2006/05/culture_et_matr.html.
[1] Cf. le livre La Culture de l’information, Brigitte Juanals, éditions Hermès, 2003.
Mis en ligne le lundi 14 août 2006
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