Connaître les modes de recherche d’information des jeunes
(Voir plus en détail les 7 tendances actuelles de la recherche d’information présentées dans l’article Se former à l’évaluation de l’information).
Quelques tendances importantes :
« de la dépendance à l’autonomie des usagers »
La démocratisation des outils de recherche permet aujourd’hui de se passer d’un intermédiaire professionnel de l’information pour accéder à celle-ci. Mais l’utilisateur doit-il pour autant être laissé "seul face à Internet" ?,
« de la validation a priori à la validation a posteriori »
Sur le Web, nous ne sommes plus dans le circuit traditionnel des étapes de validation successives des écrits par l’auteur, l’éditeur, le libraire puis le bibliothécaire. Une grande partie de l’information est captée directement par le lecteur, qui la valide - ou pas - après sa diffusion.
« du « retrouvage » booléen à la « sérendipité » »
La recherche d’information traditionnelle s’effectuait par opérateurs booléens (on recherche tel terme et tel autre, excepté tel autre, etc.) sur un stocks de documents fermé, par exemple le catalogue d’un centre de documentation. Sur le Web, chacun expérimente que les découvertes se font aussi parfois par hasard, au gré des recherches. On parle de sérendipité ( « la découverte par chance ou sagacité de résultats que l’on ne cherchait pas »).
Cette navigation typique du "Web 2.0" qui s’appuie aussi sur les partages de favoris et de mots-clés ne doit pas pour autant reléguer au second plan la compréhension et la maîtrise des outils de recherche d’information traditionnels, dont l’évolution va se poursuivre,
« du problème de l’accès à celui du traitement de l’information »
Le coût de la recherche d’information n’est plus tellement dans l’acquisition de celle-ci, mais dans son traitement : on passe plus de temps à analyser les dizaines de pages de résultats d’une recherche Google qu’à les obtenir. Le métier de l’information-documentation évolue peu à peu d’un rôle de canal d’information à un rôle d’éducation à l’information,
« de la gratuité à la commercialisation de la recherche »
Apparaît depuis quelque temps une dimension commerciale dans la recherche d’information. L’information n’a jamais été gratuite et a toujours eu un coût, même s’il est supporté par le fournisseur (et il a toujours existé des bases de données payantes). Mais aujourd’hui, le positionnement payant de certains émetteurs d’information et de contenus perturbe la pertinence des résultats de recherche.
De nouveaux outils/modes de diffusion de l’information
Ces nouveaux modes sont pour certains très, pour d’autres encore peu pratiqués par les jeunes… :
Wikipédia,
les blogs, avec la possibilité de mêler des billets venant d’un autre blog (ex : http://pnftic.viabloga.com présente aussi des billets de www.informer-autrement.fr et d’autres sites) et la possibilité d’annoncer sur son blog les derniers billets mis en ligne sur d’autres blogs,
afficher d’une page les dernières infos des sites qu’on aime grâce aux fils rss : Netvibes.com,
del.icio.us qui permet de :
- découvrir les sites favoris associés par les internautes à un mot-clé (par exemple "information jeunesse"),
- mettre ses sites favoris en ligne (sur le logement des jeunes, les jobs d’été…),
- les partager éventuellement pour les faire découvrir au plus grand nombre et faire connaître mon propre site,
- voir quels autres internautes sont intéressés par ces mêmes favoris ; à l’occasion, découvrir ainsi des sites que je ne connais pas et que d’autres utilisateurs de del.icio.us vont me faire découvrir, et qui vont enrichir ma propre liste,
- suivre, en mêlant Netvibes et del.icio.us, la vie d’un mot-clé (ex : http://del.icio.us/rss/tag/epn).
Que peut-on faire de tout ça pour l’Information jeunesse ?
mettre en ligne des contenus
- quels contenus ?
- sous quelle licence juridique (droit d’auteur uniquement, ou droit d’auteur et licence libre ?)
- avec un look institutionnel ou sur un blog ?
- avec un logiciel libre ou pas ?
jusqu’où donner la parole aux internautes ?
- il ne s’agirait pas de répondre à chaque question immédiatement ; la réponse peut venir d’autres,
- le "blog spamming" (spams déposés par des robots en réponse à des articles, à des fins de référencement) est une menace plus réelle que les incivilités, mais il y a des parades.
partager des contenus avec d’autres sites IJ et non IJ
- soyez le premier à écrire un article sur l’IJ sur Wikipédia !
- soyez le premier à créer le tag "information_jeunesse" sur del.icio.us (le tag "littérature_jeunesse existe bien, lui !) !
- et pourquoi ne pas rédiger pour des sites de rédaction partagée, comme www.agoravox.fr (cf par exemple www.agoravox.fr/auteur.php3 ?id_auteur=9577) ?
- partager davantage les ressources entre différents sites (y compris Agoravox.fr, youtube.com…) : textes, images, vidéos ?
Comment donner de la visibilité à son information et la "pousser" vers le jeune ?
installer une newsletter sur son site de PIJ, CIJ ou CRIJ,
fil rss + Netvibes (Netvibes/site - Netvibes/mot-clé del.icio.us)
faire communiquer nos sites et blogs avec d’autres hors IJ
produire et partager des signets et des mots-clés
Quelle complémentarité entre l’info en ligne et l’info papier ?
les complémentarités sont possibles, comme en témoignent diverses expériences. Par exemple, voir La base documentaire du CIDJ, enfin sur le web.
Sites ressources
http://urfistreseau.wordpress.com et http://urfistinfo.blogs.com,
www.defidoc.com,
"Pratiques et usages des jeunes en matière d’information", une étude réalisée en Seine-Saint-Denis à l’initiative de l’Injep, dont la synthèse est téléchargeable à http://ressourcesjeunesse.injep.fr,
www.generationcyb.net (rubrique "Information et Internet"),
www.ext.upmc.fr/urfist/cerise/ceractua.htm,
www.informer-autrement.fr, blog du directeur du Centre Information Jeunesse Essonne (CIJE),
le blog "Nouveaux services d’information pour les jeunes" sur www.lesjeunes.info,
"Les jeunes et le besoin d’information" sur http://infocom.u-strasbg.fr.