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La communication qui suit a été faite lors des journées Intercoop 2007 le 5 juillet 2007 par Jean-Christophe Sarrot (Injep) et Isabelle Ferracci (Centre d’éducation populaire et de sports de Corse), au nom du groupe de travail décrit ci-dessous.
Voici l’état de nos expériences et réflexions sur la coopération à l’été 2007, après un travail d’une année mené par l’Injep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, http://www.injep.fr - Dominique Diamand-Martin et Jean-Christophe Sarrot), le Creps (centre d’éducation populaire et de sports) d’Aquitaine (http://www.creps-aquitaine.fr - Pascal Choteau), le Creps d’Ile-de-France (http://www.creps-ile-de-france.jeunesse-sports.gouv.fr - Amélie Turet) et le Creps de Corse (http://www.creps-corse.jeunesse-sports.fr - Isabelle Ferracci).
Ces réflexions concernent la mise en oeuvre de pratiques coopératives dans des formations d’éducation populaire, et plus précisément dans la mise en commun de ressources pédagogiques afin de constituer un fonds commun et ouvert à tous de contenus de formation sur différents thèmes (nom du projet : la "bibliothèque de l’éducateur populaire").
Un moment fort de nos réflexions/expériences a été le stage "Comment accompagner un projet coopératif", qui a rassemblé 17 personnes du 20 au 23 mars 2007 (voir http://www.injep.fr/En-avant-le-travail-cooperatif.html).
En réalité, nous essayons de développer des pratiques coopératives à deux niveaux :
Nos expériences de la coopération recoupent nos objectifs de :
Même si ces différents objectifs peuvent être poursuivis indépendemment, ils sont liés, et en viser un peut permettre d’avancer sur un autre :
Ce projet a été initié en 2006 par l’unité de la recherche et des formations de l’Injep, dont le directeur souhaite pour 2008, sur www.injep.fr, la mise en ligne d’une base coopérative de ressources pédagogiques libres couvrant différents champs de l’éducation populaire, des politiques jeunesse et de la vie associative. L’idée est que cette base soit en particulier alimentée par les formations que l’Injep propose à Marly-le-Roi, et qu’elle puisse être alimentée de façon coopérative par d’autres personnes.
Pourquoi une telle Bibliothèque ?
Un mode coopératif d’alimentation de cette bibliothèque se justifie aussi par le fait qu’un concepteur de ressources ne travaille jamais à partir de zéro. Il réutilise des contenus et des concepts déjà existants et les enrichit. Il s’agit de faire en sorte que des contenus conçus grâce à la mise en commun de ressources soient en partie redistribués sous forme partagée.
Pour que la coopération autour de ce projet de "bibliothèque de l’éducateur" fonctionne, il faut parvenir à donner chair à des dimensions importantes du travail coopératif :
Actuellement à l’INJEP, un tiers des formateurs (sur un total d’une douzaine) créent ou font créer des contenus et les partagent ; deux tiers restent à sensibiliser.
Comment développer la coopération en milieu institutionnel sans la tuer dans l’oeuf en… l’institutionnalisant (avec commande institutionnelle, chef de projet, délais, objectifs, budget, bilan annuel…) ?
Réponse : elle ne doit pas faire l’objet en tant que telle d’une commande officielle (ou alors, si elle l’est, il faut que la commande institutionnelle laisse de la liberté au projet). Elle peut être développée "en sous main" par des acteurs qui disposent d’assez de liberté ou/et de confiance dans le cadre de leurs missions.
Certains aspects de l’éducation populaire sont enjeux de débats idéologiques. La tentation de l’institution est de ne pas ouvrir la porte au débat et de le maîtriser en mettant en oeuvre des méthodes hiérarchiques traditionnelles.
Cette attitude n’est pas viable à terme, car dans un environnement qui évolue sans cesse et où l’information peut être diffusée facilement, les personnes qui coopèrent avancent plus rapidement plus que celles qui ne coopèrent pas. Par exemple, on ne peut empêcher une personne de diffuser sur Internet des contenus tirés d’une conférence ou d’une formation à laquelle elle a assisté. Le paradoxe : cette personne connaîtra sans doute une audience plus importante que le conférencier ou le formateur !
Lorsqu’un formateur fait de l’ingénierie, du montage de formations et ne forme pas "en direct", on constate qu’il y a peu de création de ressources partageables, car les formateurs sous-traitants auxquels il fait appel produisent rarement des ressources réutilisables (surtout si on les paie seulement pour faire de la formation orale sans création de ressources).
Une solution : rémunérons la création de contenus de formation, en prévoyant une diffusion possible en accès libre ou restreint (licences Creative commons).
D’une part, on oublie que la valeur ajoutée est plus dans l’accompagnement que dans les contenus (un exemple vécu chaque année à l’Injep avec une formation au logiciel Spip : les supports de formation sont diffusés intégralement en ligne en accès permanent et libre, et cela n’empêche pas que le stage est rempli de stagiaires chaque année).
D’autre part, on oublie souvent de considérer :
Coopérer, c’est perdre du pouvoir sur les autres ; c’est remettre en cause les fonctionnements traditionnels. La légitimité est désormais fondée sur l’apport à la communauté et non sur le statut. Pour les supérieurs hiérarchiques, il est souvent difficile d’accepter que chacun puisse devenir créateur de contenu, et difficile d’identifier le nouveau rôle à tenir.
Ceux qui n’ont pas accès ou qui ne maîtrisent pas les NTIC se retrouvent handicapés pour coopérer.
Avec un phénomène particulier aux NTIC, qui fait que ceux qui les maîtrisent ont parfois du mal à les apprendre aux autres, que ceux qui ne les utilisent pas préfèrent souvent camper dans leur ignorance, et que la hiérarchie ne prend pas suffisamment la mesure du problème et les moyens de remettre tout le monde à niveau.
Des réponses :
Certains sont dans une culture orale et n’ont pas la plume facile, mais ont des choses à dire aussi.
Deux exemples de réponses possibles :
Mis en ligne le mercredi 29 août 2007
D’une part, on oublie que la valeur ajoutée est plus dans l’accompagnement que dans les contenus (un exemple vécu chaque année à l’Injep avec une formation au logiciel Spip : les supports de formation sont diffusés intégralement en ligne en accès permanent et libre, et cela n’empêche pas que le stage est rempli de stagiaires chaque année).
Bonjour,
Je ne peux qu’abonder dans le sens de ce témoignage.
Formateur en informatique libre, je partage l’intégralité de mes supports sur Apitux.org sous licence Créative Commons BY-SA et cela ne m’empèche pas d’avoir du travail.