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Aujourd’hui, médiatiquement, les jeunes et le web forment un couple infernal.
À la télé, à la radio, au journal télévisé comme dans les magazines d’investigation, on nous présente un web sombre, propice aux mauvaises rencontres où les adolescents, jeunes addicts crédules, errent sans fin. Afin de protéger les jeunes des dangers du Net, les messages de prévention s’appuient sur ces mêmes représentations. Conséquence : souvent la prévention s’adapte mal à la réalité des risques auxquels les jeunes sont vraiment confrontés. Loin de ces représentations, l’enquête menée auprès de 1000 enfants et adolescents par Elodie Kredens et Barbara Fontar vient apporter un nouvel éclairage sur ces pratiques d’Internet.
La méthode ? S’attaquer aux idées reçues en se nourrissant d’entretiens individuels pour se détacher de l’influence des amis, des camarades, de l’effet de groupe. Se rendre au domicile des enfants et des adolescents afin de découvrir leurs modes de navigation, leurs « favoris », leurs « historiques » et discuter avec leurs parents.
Voici quelques flashs de cette étude :
des jeunes livrés à eux-mêmes ? C’est vrai en ce qui concerne les lycéens. Près de la
moitié d’entre eux surfent seuls dans leur chambre,
aspirant à la tranquillité et 3 lycéens sur 10 sont
encadrés dans leur utilisation du Net. En revanche, les enfants et les adolescents sont,
jusqu’au lycée, bien encadrés dans leur pratique
du web : 9 élèves du primaire sur 10 ont des règles
à suivre et 7 collégiens sur 10. Ils se connectent
majoritairement dans une pièce peu tranquille de la
maison, comme le salon. Enfin, tous âges confondus, s’ils sont le plus
souvent seuls devant leur écran, les jeunes aiment
toutefois partager des moments avec leur entourage
sur Internet. D’abord avec leurs amis (81,1%),
puis avec leurs frères et sœurs (67,2%). Viennent
ensuite les mères (45,8%) et les pères (34,4%).
Lorsque les parents les accompagnent, on observe
plutôt une symétrie des sexes : mères et filles d’un
côté, pères et fils de l’autre.
À travers les sites préférés des jeunes, on voit
bien que la communication entre pairs continue
largement à dominer en épousant des offres plus
récentes comme Facebook ou Youtube avec un
fléchissement de MSN et des blogs.
Même leurs activités de producteurs de contenus
vidéos devenues plus présentes semblent dominées
par la communication, le plus souvent pour se
montrer à ses pairs ou partager des images avec eux. Un éclairage intéressant vient des relations parents-enfants autour d’Internet. Il avait été constaté en
2006 qu’en France, la relation était plutôt bonne
et que les deux générations échangeaient à ce
sujet. La nouvelle étude semble montrer qu’elle
se renforcerait, en particulier pour les plus jeunes,
avec un vrai rôle de formateur des parents. Enfin, les mauvaises expériences liées à Internet
semblent plus nombreuses aujourd’hui. Il faut sans
doute l’imputer à l’expansion des usages et surtout
des usagers (et de tous âges !). Cependant, les
auteurs confirment les remarques nombreuses sur
le sentiment d’éxagération ressenti par les jeunes
dans ce domaine.
Internet s’est imposé au quotidien et les jeunes
ont de plus en plus de mal à s’en passer pour leurs
propres usages. Reste à leur en proposer désormais
une maîtrise plus fine.
L’étude et sa synthèse sont à télécharger sur www.fondation-enfance.org/IMG/pdf/Rapport_Frequences_Ecoles.pdf ou ci-dessous.
Mis en ligne le jeudi 13 mai 2010